Bonjour,
1. Le droit
La rémunération du salarié est, en principe, fixée par son contrat de travail. Lorsqu'un élément de rémunération, comme un commissionnement ou une prime variable, est expressément prévu par le contrat, l'employeur ne peut pas le modifier sans l'accord du salarié.
En revanche, une note de cadrage, une note de service ou un document interne ne constitue pas, à lui seul, une clause contractuelle.
Si le système de commissions n'a jamais été intégré au contrat de travail ou à un avenant signé, il peut être considéré comme un dispositif mis en place par l'employeur en dehors du contrat.
Cela ne signifie pas pour autant que l'employeur est libre de le supprimer ou de le modifier à tout moment.
Lorsqu'un commissionnement est versé de manière générale, constante et fixe pendant une période suffisamment longue, il peut acquérir la valeur d'un usage d'entreprise ou d'un engagement unilatéral de l'employeur.
Dans cette hypothèse, l'employeur ne peut pas mettre fin au dispositif du jour au lendemain.
Il doit respecter une procédure de dénonciation, qui implique notamment d'informer les représentants du personnel lorsqu'ils existent, d'informer individuellement les salariés concernés et de respecter un délai de prévenance suffisant avant toute suppression ou modification.
Par ailleurs, même lorsqu'une part variable n'est pas contractualisée, l'employeur ne peut pas porter atteinte aux règles relatives au salaire minimum, aux dispositions de la convention collective ou modifier de manière abusive les conditions de rémunération.
Enfin, si un désaccord survient sur le calcul des commissions, le salarié peut demander au conseil de prud'hommes d'ordonner à l'employeur de produire les éléments permettant de vérifier le calcul des sommes dues.
2. Les solutions
Je vous conseille, dans un premier temps, de réunir tous les documents relatifs à votre rémunération variable : contrat de travail, éventuels avenants, notes de cadrage, courriels, bulletins de paie, tableaux de commissions et tout document montrant les modalités de calcul appliquées au fil des années.
Il sera également utile de vérifier depuis combien de temps ce système de commissionnement est appliqué et s'il bénéficie à l'ensemble des salariés occupant les mêmes fonctions.
Plus le dispositif apparaît stable et constant, plus il sera susceptible d'être qualifié d'usage ou d'engagement unilatéral.
Si votre employeur décide de diminuer ou de supprimer vos commissions, demandez-lui par écrit les raisons de cette décision ainsi que les modalités de calcul retenues.
Vous êtes en droit d'obtenir des explications précises sur la détermination de votre rémunération variable.
Si cette modification entraîne une baisse significative de vos revenus ou si elle intervient sans respecter les règles applicables, vous pourrez saisir le conseil de prud'hommes afin de réclamer le paiement des commissions que vous estimez dues.
Le juge pourra demander à l'employeur de produire les documents de calcul et vérifier si la modification est conforme au droit.
Enfin, lorsque la rémunération variable représente une part importante de votre salaire, il peut être utile de consulter un avocat ou un défenseur syndical avant toute contestation.
Ils pourront apprécier si les changements opérés constituent une simple évolution d'un usage ou une remise en cause illicite de vos conditions de rémunération.
Une analyse précise de votre contrat, de vos bulletins de paie et du fonctionnement du système de commissions permettra de déterminer les droits dont vous pouvez utilement vous prévaloir.
Votre bien dévoué,
Xavier DAUSSE
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