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Utiliser une vieille photo de l’escroc qui m’a arnaqué
Sujet initié par RGPDil y a 5 jours - 504 vues
Bonjour,
J'ai été victime d'une escroquerie en 2024-2025. L'homme a été condamné le 03/09/26 pour des faits similaires. J'ai porté plainte le jour même de mon côté.
Il se trouve que l'escroc a autorisé un journal à utiliser une photo de famille qu'il a lui-même fourni. L'article a environ 10 ans.
Pour ma part, j'aimerais faire un post / une vidéo explicative de mon histoire de mettre cette photo en illustration.
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La réponse n'est pas nécessairement oui, même si l'homme concerné avait lui-même autorisé le journal à utiliser cette photographie il y a une dizaine d'années.
Il faut distinguer plusieurs droits.
Tout d'abord, il faut savoir qui figure sur la photographie. Si votre projet consiste à publier une photo de famille sur laquelle apparaissent d'autres personnes que l'escroc, notamment des enfants ou des proches, leur droit à l'image doit également être pris en considération.
Le fait que l'escroc ait autorisé à l'époque la publication de la photographie par un journal ne signifie pas automatiquement que cette autorisation vous permet aujourd'hui de reprendre librement la photographie pour votre propre publication sur les réseaux sociaux.
Il faut également vérifier qui détient les droits sur la photographie. Si elle a été prise par un photographe professionnel ou par un tiers, le droit d'auteur peut appartenir à cette personne. Le fait que l'escroc ait transmis lui-même la photographie au journal ne signifie donc pas nécessairement qu'il en était titulaire des droits d'exploitation.
En revanche, le contexte de votre publication est important.
Vous souhaitez manifestement utiliser cette photographie pour illustrer un témoignage concernant l'escroquerie dont vous affirmez avoir été victime. La liberté d'expression et le droit à l'information peuvent être pris en considération lorsqu'une image est utilisée pour illustrer une information présentant un intérêt légitime pour le public. La jurisprudence admet notamment que le droit à l'image doit être concilié avec la liberté d'expression lorsque l'utilisation de l'image est pertinente au regard de l'information diffusée.
Mais cela ne signifie pas que toute photographie peut être reprise librement. Il faut notamment que l'utilisation soit proportionnée, pertinente par rapport au sujet traité et qu'elle ne porte pas une atteinte injustifiée aux droits des personnes représentées.
Dans votre cas, un autre point est particulièrement important : vous indiquez avoir déposé plainte et précisez que cet homme vient d'être condamné pour des faits similaires.
Il faut donc être extrêmement prudente dans la manière dont vous présenterez votre histoire. Une chose est de relater des faits dont vous avez été victime et de préciser qu'une procédure pénale est en cours ou qu'une condamnation a été prononcée ; une autre est d'affirmer publiquement que cette personne est un « escroc » pour des faits qui n'auraient pas été définitivement établis à votre égard.
Je vous déconseille également de diffuser des informations permettant d'identifier inutilement des membres de sa famille qui n'ont aucun lien avec les faits que vous dénoncez.
Enfin, si la photographie représente uniquement l'escroc et que celui-ci l'avait lui-même fournie à la presse, la situation est différente de celle d'une photographie familiale représentant plusieurs personnes. Il faudrait alors apprécier notamment le contexte dans lequel la photographie avait été publiée, le contenu de votre futur post ou de votre vidéo et le lien exact entre cette photographie et les faits que vous souhaitez dénoncer.
Avant de publier, je vous conseille donc de conserver l'article original, de vérifier les mentions relatives au crédit photographique et, si possible, les conditions dans lesquelles la photographie avait été fournie au journal.
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Maître Gonzalez
#Meilleure réponseil y a 5 jours
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