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Bonjour à tous, Je suis actuellement installée en micro-BNC et je suis sur un projet d'installation dans un cabinet professionnel dont le loyer total est de 800 € / mois. Le local est loué nu par la SCI. Je vais le meubler, le décorer et y installer tous les services nécessaires (WiFi, équipements, etc.). De mon côté, je ne vais consulter que 2 jours par semaine. Dans le cadre d'un projet bébé, mon objectif est de sous-louer l'espace à deux autres consœurs / confrères (à raison de 2 jours par semaine à 400 € pour l'un, et 2 jours par semaine à 400 € pour l'autre). L'intégralité du loyer de 800 € serait ainsi couverte par leurs participations, ce qui me permettra de partir sereinement en congé maternité sans supporter de charge fixe. Je souhaite absolument éviter que ces loyers reçus (800 €) soient comptés comme des recettes imposables à l'URSSAF et aux Impôts. Je sollicite vos retours : Existe-t-il une solution ou un montage légal pour rester en micro-BNC tout en encaissant ces montants, ou suis-je obligée de passer au régime réel pour pouvoir déduire le loyer repayé à la SCI et neutraliser cette opération ? Si certains ont déjà géré ce type de répartition (via la SCI, une convention spécifique de mise à disposition de matériel/bureau, ou le passage au réel), je suis très preneuse de vos conseils et retours d'expérience ! Merci beaucoup d'avance pour votre aide !
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Votre projet est tout à fait envisageable sur le plan juridique, mais il faut être très prudente sur le traitement fiscal et social des sommes que vous envisagez de percevoir.
Le point essentiel est que, si vous êtes personnellement titulaire du bail conclu avec la SCI et que vous sous-louez ensuite les espaces à deux confrères ou consœurs, les sommes qu'ils vous verseront constituent en principe des recettes liées à une activité de sous-location.
L'administration fiscale considère expressément que les profits tirés de la sous-location d'un immeuble par son locataire principal relèvent en principe de la catégorie des bénéfices non commerciaux lorsque la sous-location n'est pas assortie de prestations lui donnant une autre qualification.
Il ne suffit donc pas, pour neutraliser fiscalement l'opération, de faire coïncider exactement les sommes perçues avec le loyer que vous reversez à la SCI.
C'est précisément là que le régime micro-BNC pose difficulté : dans ce régime, l'imposition est calculée à partir des recettes encaissées, après application de l'abattement forfaitaire prévu par le régime micro, et non en fonction de vos charges réelles. Vous ne pouvez donc pas simplement déclarer 800 € de sous-location et déduire parallèlement les 800 € de loyer versés à la SCI.
En revanche, au régime de la déclaration contrôlée, les loyers effectivement acquittés pour un local professionnel constituent en principe des charges professionnelles déductibles, sous réserve notamment que les conditions générales de déduction soient remplies.
Il faut donc distinguer deux problématiques.
Premièrement, votre relation avec la SCI.
Il faut vérifier votre bail : la sous-location ou la mise à disposition des bureaux à d'autres professionnels doit être autorisée. Il faut également déterminer si la SCI doit donner son accord préalable et dans quelles conditions.
Deuxièmement, le traitement fiscal des sommes versées par vos confrères.
Si vous percevez personnellement 800 € par mois de leur part, ces sommes ne peuvent pas simplement être considérées comme de simples remboursements de votre loyer sans examiner très précisément le montage contractuel et économique.
Une convention de mise à disposition peut toutefois être structurée différemment d'une véritable sous-location, notamment lorsque plusieurs professionnels partagent un cabinet et que chacun bénéficie de certains services ou équipements. Mais le seul fait de qualifier contractuellement les sommes de « participation aux frais », « mise à disposition » ou « remboursement de charges » ne suffit pas à modifier leur traitement fiscal : c'est la réalité de l'opération qui sera déterminante.
Je déconseillerais donc de mettre en place une convention artificielle ayant uniquement pour objectif de faire échapper les 800 € à la déclaration.
En pratique, deux schémas mériteraient d'être comparés :
* soit vous restez en micro-BNC et vous intégrez les sommes réellement encaissées dans vos recettes, en vérifiant que l'ensemble de vos recettes demeure compatible avec le régime micro-BNC ;
* soit vous optez pour la déclaration contrôlée afin de pouvoir prendre en compte vos charges réelles, notamment le loyer, les charges du cabinet, certains équipements et les autres dépenses professionnelles justifiées.
Le second régime peut être plus cohérent économiquement dans votre situation si vous avez effectivement 800 € de loyer mensuel auxquels s'ajoutent l'aménagement, le mobilier, les abonnements, les assurances, etc.
Il faut également attirer votre attention sur un autre point : si vous aménagez vous-même le local et fournissez aux autres professionnels du mobilier, du Wi-Fi, du matériel ou différents services, la qualification de l'opération doit être examinée avec encore davantage de précision. Selon les prestations réellement fournies, le régime fiscal applicable aux sommes perçues peut être différent.
Enfin, il faut distinguer la question fiscale de la question des cotisations sociales. Les sommes qui constituent effectivement des recettes professionnelles ne disparaissent pas de l'assiette sociale simplement parce qu'elles servent ensuite à payer le loyer. Il faut donc raisonner globalement sur le montage avant de signer le bail et les conventions avec les deux confrères.
À mon sens, le plus sécurisé serait donc de faire valider le montage avant sa mise en place, en particulier le bail avec la SCI, la convention conclue avec chacun des deux professionnels et le régime fiscal retenu.
Si vous me transmettez le projet de bail ou ses principales clauses ainsi que le projet de fonctionnement du cabinet (nombre de jours occupés par chacun, services fournis, montant des participations et mobilier mis à disposition), je peux vous aider à déterminer quelle structuration est la plus sécurisée et à comparer concrètement micro-BNC et déclaration contrôlée.
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Maître Gonzalez
il y a 2 jours
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