Bonjour,
Oui, l'erreur de la préfecture concernant votre situation matrimoniale peut être importante si elle a effectivement servi à fonder le soupçon de reconnaissance frauduleuse. Si vous êtes divorcée de Monsieur Touigui depuis 2012, alors que la décision vous présente comme toujours mariée avec lui, vous pouvez expressément invoquer cette erreur de fait dans votre recours et produire le jugement de divorce ainsi qu'un acte d'état civil portant la mention du
divorce.
En matière de CNI et de passeport, la jurisprudence récente rappelle que la reconnaissance de paternité établit en principe la filiation et s'impose à l'administration tant qu'elle n'a pas été remise en cause. Toutefois, si l'administration établit que la reconnaissance a été souscrite frauduleusement, notamment afin d'obtenir la nationalité française, elle peut refuser les titres, sous le contrôle du juge administratif. Un simple soupçon ne suffit donc pas : le refus doit reposer sur des éléments suffisamment probants.
Les éléments que vous avez déjà produits — acte de reconnaissance, livret de famille, photographies du père avec l'enfant, achats effectués pour l'enfant et virements bancaires — sont pertinents puisqu'ils peuvent contribuer à établir la réalité de la relation entre Monsieur Sebri et Ghali. Le Code civil reconnaît expressément la reconnaissance volontaire comme mode d'établissement de la filiation.
Il faut également contester précisément le passage concernant les convocations des 18 et 24 juin 2026 si la préfecture en tire une conséquence défavorable alors que vous et Monsieur Sebri vous êtes effectivement présentés. Une décision reposant sur des faits matériellement inexacts peut être contestée devant le juge administratif.
Concernant le signalement annoncé au procureur, celui-ci ne signifie pas que la reconnaissance de paternité est déjà annulée. Le ministère public peut effectivement contester une filiation légalement établie lorsqu'il existe une fraude à la loi, mais cette contestation relève d'une procédure distincte.
Vous pouvez donc contester le refus dans le délai de deux mois indiqué dans la décision, en développant notamment trois arguments : l'erreur concernant votre divorce depuis 2012, votre présence effective aux convocations et l'ensemble des éléments matériels démontrant la réalité des relations du père avec l'enfant. Si le recours prévu dans la notification n'aboutit pas, la légalité du refus de CNI et de passeport peut être soumise au tribunal administratif, qui contrôlera notamment si les éléments retenus par la préfecture permettent réellement de caractériser une reconnaissance frauduleuse.
Ainsi, l'erreur sur votre situation matrimoniale ne provoque pas automatiquement l'annulation du refus, mais elle peut constituer un argument sérieux si elle a influencé l'analyse de la préfecture sur la prétendue fraude. Elle doit donc être clairement rectifiée et documentée dans votre contestation.
Je vous remercie de bien vouloir mentionner que la question est résolue.
Bien Cordialement.
Cliquez ici pour commenter la réponse ci-dessus