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Sujet initié par Sarail y a 4 semaines - 1141 vues
Bonjour,
Depuis ma reprise après plusieurs mois d'arrêt maladie, je rencontre une situation qui me met particulièrement mal à l'aise au travail.
À chaque fois que je croise mon superviseur, je le salue normalement. Pourtant, il baisse systématiquement la tête et ne me répond jamais. Il m'évite clairement dans les échanges du quotidien, alors que, de mon côté, je ne lui ai rien fait et je continue à rester correcte avec lui.
Avant mon arrêt maladie, il m'avait déjà envoyé certains messages que j'avais trouvés assez désagréables, voire pas très sympathiques. Je pensais cependant qu'avec le temps et mon retour, cette situation était passée.
Aujourd'hui, je dois reprendre dans un contexte déjà compliqué, et le fait d'être confrontée quotidiennement à cette attitude me pèse énormément. J'ai vraiment le sentiment d'être mise à l'écart et je suis très mal à l'aise à l'idée d'aller travailler dans ces conditions.
Est-ce que je dois simplement continuer à le saluer et ne rien faire, ou est-ce qu'il est préférable de laisser une trace écrite de ces comportements auprès des RH/employeur ?
Le fait qu'un supérieur hiérarchique vous ignore ou vous mette à l'écart de manière répétée, notamment à votre retour d'un arrêt maladie, peut poser difficulté.
En droit du travail, aucun salarié ne doit subir des agissements répétés de harcèlement moral ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel (article L. 1152-1 du Code du travail).
Il n'est donc pas nécessaire qu'il y ait des insultes, des menaces ou un incident particulièrement grave. Une succession de comportements d'isolement, de mise à l'écart ou d'attitudes dévalorisantes peut, selon les circonstances et leur répétition, constituer des éléments permettant de caractériser un harcèlement moral.
Toutefois, chaque situation doit être appréciée concrètement et le seul fait qu'un supérieur ne vous salue pas ou adopte une attitude distante ne suffit pas, à lui seul, à caractériser juridiquement un harcèlement moral.
2/ Les solutions
Dans votre situation, je vous conseille tout d'abord de conserver une attitude professionnelle. Vous pouvez continuer à saluer normalement votre supérieur, sans avoir à insister s'il ne vous répond pas.
Surtout, commencez à conserver des éléments précis et factuels : dates et circonstances des mises à l'écart, propos tenus, éventuels témoins, courriels, SMS ou autres échanges, y compris ceux intervenus avant votre arrêt maladie. Ces éléments seront importants si la situation perdure.
Vous pouvez également signaler la situation par écrit à un interlocuteur au sein de l'entreprise : service des ressources humaines, représentant du personnel ou membre du CSE. Vous pouvez également solliciter le médecin du travail, notamment si cette situation a des conséquences sur vos conditions de travail ou votre santé.
L'objectif, dans un premier temps, peut être de permettre à l'employeur de prendre connaissance de la situation et de rechercher une solution : rappel des règles, intervention auprès de votre supérieur, médiation ou modification de l'organisation du travail.
Si les comportements persistent malgré votre signalement, ou si la situation s'aggrave, il pourra alors être opportun d'envisager une démarche plus formelle et, selon les éléments dont vous disposez, de saisir le conseil de prud'hommes afin de faire reconnaître un éventuel harcèlement moral et solliciter la réparation du préjudice subi.
Maître Xavier DAUSSE
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il y a 4 semaines
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