Bonjour,
Tout d'abord, je comprends parfaitement votre inquiétude, d'autant plus que vous traversez une période personnelle et professionnelle particulièrement difficile.
Votre souhait de conserver votre emploi et de continuer à travailler avec des aménagements adaptés à votre état de santé est tout à fait légitime.
1/ Le droit
Le médecin du travail est le seul à pouvoir décider si vous êtes apte ou inapte à votre poste, même si vous souhaitez continuer à travailler.
Toutefois, il ne peut pas prononcer une inaptitude sans avoir préalablement examiné votre situation, étudié votre poste, échangé avec vous et avec votre employeur, et envisagé les possibilités d'aménagement.
Ces aménagements peuvent notamment concerner vos horaires, le télétravail, un changement de tâches ou une affectation à un autre poste.
L'inaptitude à votre poste actuel ne signifie d'ailleurs pas nécessairement que vous êtes incapable de travailler.
Si l'avis du médecin du travail ne vous paraît pas adapté, notamment parce que vous estimez qu'un télétravail plus important ou d'autres aménagements permettraient votre maintien dans l'emploi, vous pouvez le contester devant le conseil de prud'hommes dans un délai de 15 jours à compter de sa notification.
Cette contestation s'effectue selon la procédure accélérée au fond et porte sur les éléments de nature médicale justifiant l'avis.
En cas d'inaptitude, votre employeur doit, en principe, rechercher sérieusement un reclassement compatible avec les préconisations du médecin du travail, notamment en envisageant des aménagements du poste ou une autre affectation.
Il ne peut envisager un licenciement que dans certaines situations, notamment lorsqu'aucun reclassement adapté n'est possible, lorsque vous refusez un poste de reclassement conforme aux exigences légales ou lorsque le médecin du travail mentionne expressément une dispense légale de reclassement.
En cas de licenciement pour inaptitude, vous pourrez bénéficier des indemnités prévues par la loi ou votre convention collective.
Le montant de ces indemnités et l'existence d'une indemnité de préavis dépendent notamment de l'origine professionnelle ou non de l'inaptitude.
Vous pourrez également, en principe, bénéficier de l'allocation chômage si vous remplissez les conditions d'ouverture des droits auprès de France Travail et êtes apte à occuper un autre emploi.
2/ Les solutions
Dans votre situation, je vous conseille de préparer très attentivement votre rendez-vous du 29 octobre 2026 avec le médecin du travail.
Expliquez-lui précisément ce que vous êtes encore capable de faire, mais également les difficultés que vous rencontrez dans votre travail.
Vous pouvez notamment évoquer :
Les horaires qui ne correspondent pas à votre état de santé.
Les difficultés liées à certaines campagnes téléphoniques, particulièrement celles concernant la santé.
Les conséquences de votre environnement de travail sur votre état psychologique.
Les aménagements qui pourraient vous permettre de continuer à travailler : télétravail plus important, horaires fixes, changement de campagne ou affectation à un poste administratif.
Demandez au médecin du travail d'examiner concrètement ces possibilités et, s'il les estime médicalement adaptées, de les mentionner clairement dans ses préconisations.
Je vous conseille également de conserver tous les documents utiles : certificats médicaux, courriers de la médecine du travail, échanges avec votre employeur, demandes d'aménagement, plannings, justificatifs de télétravail et éventuelles propositions de reclassement.
Ces éléments pourront être importants pour démontrer les démarches effectuées afin de préserver votre emploi.
Attention : si un avis d'inaptitude est prononcé, le délai de contestation de 15 jours est particulièrement court.
Il faudra donc consulter rapidement un avocat en droit du travail ou un défenseur syndical si vous souhaitez le contester, sans attendre que votre employeur engage éventuellement une procédure de licenciement.
Enfin, je tiens à vous rassurer sur un point important : une déclaration d'inaptitude n'entraîne pas automatiquement votre licenciement.
Votre employeur doit respecter la procédure applicable et, sauf dispense légale, rechercher les possibilités de reclassement.
Compte tenu de votre ancienneté depuis décembre 2019 et de votre volonté de poursuivre votre activité, il est donc essentiel d'examiner toutes les solutions permettant votre maintien dans l'emploi avant d'envisager une rupture du contrat.
J'espère avoir répondu à vos questions et vous avoir apporté des éléments utiles pour aborder plus sereinement votre prochain rendez-vous.
Si tel est le cas, je vous remercie de cliquer sur le bouton vert « Question résolue ».
Bien cordialement,
Maître Xavier DAUSSE
Bonjour Maître,
Je vous remercie pour votre réponse.
Si je me permets de vous solliciter, c'est parce que je suis aujourd'hui très inquiète concernant mon rendez-vous avec la médecine du travail prévu jeudi.
Lors de ma visite de préreprise, j'avais été reçue par un médecin remplaçant qui avait préconisé une reprise uniquement le matin, ainsi que du télétravail. Cependant, par la suite, j'ai été suivie par un autre médecin du travail, que j'ai rencontré à deux reprises, car j'avais le sentiment de ne pas être entendue lorsque je lui expliquais mes difficultés et mon état de santé.
Contrairement aux premières préconisations, ce médecin estimait que j'étais apte à travailler sur une journée entière, sans nécessité particulière de télétravail. Il a également eu des échanges avec mon employeur, ce qui a renforcé mon inquiétude et mon sentiment de ne pas être réellement entendue.
Aujourd'hui, j'ai peur que ce médecin me déclare inapte lors de mon prochain rendez-vous, alors que je souhaite avant tout pouvoir conserver mon emploi et reprendre le travail dans des conditions compatibles avec mon état de santé.
Je ne sais pas dans quelle mesure les échanges entre la médecine du travail et mon employeur peuvent influencer la situation, ni quels recours je pourrais avoir si une décision d'inaptitude était prise alors que je ne m'estime pas
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