La détermination précise du périmètre du fonds
Le fonds de commerce est une universalité mobilière composée d'éléments corporels et incorporels. Sa consistance doit être précisément déterminée afin d'éviter toute contestation ultérieure. L'identification du bail constitue souvent l'élément essentiel du fonds. Il convient d'analyser les clauses d'agrément, les clauses de garantie solidaire et la destination contractuelle. Les éléments incorporels (clientèle, nom commercial, enseigne, marque) doivent être vérifiés quant à leur titularité et leur opposabilité. Les éléments corporels (matériel, mobilier, stocks) doivent faire l'objet d'un inventaire précis. Une mauvaise délimitation du périmètre peut engager la responsabilité du cédant sur le fondement de la garantie d'éviction ou du dol.
L'importance d'un acte de cession bien rédigé
Les anciennes mentions obligatoires de l'article L. 141-1 du Code de commerce (à peine de nullité) ne s'appliquent plus, l'article ayant été abrogé. En pratique, l'acte doit toutefois décrire précisément le fonds et les informations utiles. Une information inexacte ou dissimulée peut engager la responsabilité du vendeur et/ou caractériser un dol. L'acte de cession doit également donner lieu à un enregistrement fiscal, à la publication dans un journal d'annonces légales, ainsi qu'à la publication au BODACC. L'éventuel droit de préemption à finalité commerciale de la commune doit également être vérifié.
Le respect du droit d'opposition des créanciers est encadré à l'article L.141-14 du Code de commerce : en pratique, le prix de cession sera séquestré (c'est-à-dire déposé sur le compte d'un tiers, comme l'avocat ou le notaire du vendeur) pendant le délai d'opposition. Cela permet de sécuriser les droits des créanciers du vendeur. Les créanciers disposent de 10 jours à compter des publicités légales (souvent à compter de la publication au BODACC, selon la dernière formalité) pour faire opposition.
Les risques juridiques attachés à la cession
En application de l'article L.1224-1 du Code du travail, les contrats de travail en cours sont transférés de plein droit à l'acquéreur. Ce transfert est automatique et impératif. L'acquéreur reprend l'ensemble des droits et obligations attachés aux contrats, y compris les passifs latents (contentieux prud'homaux, rappels de salaire, etc.). Par ailleurs, l'acquéreur peut être tenu solidairement responsable de certains impôts dus par le cédant (article 1684 du CGI), dans des limites temporelles encadrées. Le fonds peut faire l'objet de nantissements ou de privilèges (inscriptions donnant un droit de priorité à certains créanciers) : il faut les vérifier avant de libérer le prix. L'absence de purge régulière expose l'acquéreur à des revendications ultérieures. La vérification des inscriptions au greffe est donc déterminante.
Bonnes pratiques avant la signature de la cession du fonds de commerce- Connaître précisément les éléments composant le fonds
- Auditer le bail commercial et anticiper l'accord du bailleur
- Vérifier les inscriptions de nantissements et privilèges avant signature
- Anticiper le transfert des contrats de travail et les passifs sociaux
- Respecter strictement les formalités de publicité légale
- Encadrer contractuellement la garantie d'éviction et la non-concurrence
- Sécuriser la répartition des charges fiscales entre cédant et acquéreur