Un statut protégé et une rémunération majoritairement à la commission
L'agent commercial est défini par l'article L.134-1 du Code de commerce comme un mandataire indépendant, chargé de négocier et éventuellement de conclure des contrats de vente, d'achat ou de prestation pour le compte de son mandant.
Il exerce à titre permanent, sans être lié par un contrat de travail.
Ce statut implique une immatriculation obligatoire au registre spécial des agents commerciaux.
Sa rémunération prend généralement la forme de commissions, calculées sur les opérations conclues grâce à son intervention.
Le taux et l'assiette sont librement fixés par les parties dans le contrat.
L'agent peut également bénéficier de commissions sur les affaires répétitives conclues avec des clients qu'il a apportés.
En l'absence de stipulations contractuelles, le taux usuel pratiqué dans le secteur s'applique.
La relation se distingue nettement du salariat : pas de lien de subordination, mais des obligations réciproques de loyauté et d'information.
L'indemnité de fin de contrat : un droit quasi automatique
L'article L.134-12 du Code de commerce prévoit qu'en cas de cessation des relations avec le mandant, l'agent commercial a droit à une indemnité compensatrice en réparation du préjudice subi.
Cette indemnité, calculée selon la jurisprudence à environ deux ans de commissions brutes (moyenne des trois dernières années), est due même en l'absence de faute du mandant.
Elle constitue une particularité forte du statut, qui le distingue d'autres formes d'intermédiation commerciale.
L'agent perd toutefois ce droit dans trois cas : faute grave de sa part, cessation à son initiative sans motif légitime, ou cession du contrat à un tiers.
La demande doit être formulée dans le délai d'un an suivant la cessation, sous peine de forclusion.
Les clauses contractuelles tentant d'écarter ou de limiter cette indemnité sont réputées non écrites.
Le contrat peut également prévoir un préavis, dont la durée légale varie d'un à trois mois selon l'ancienneté de la relation.
En pratique, il est essentiel de soigner la rédaction du contrat dès l'origine et de conserver toutes les preuves des affaires apportées : c'est sur ces éléments que reposera le calcul de l'indemnité en cas de litige.