I. Le cadre et le contenu d'un PDV
Avant toute communication auprès des salariés, l'employeur doit clarifier le cadre juridique de son projet. Il s'agit d'identifier les textes conventionnels applicables (accords de branche, d'entreprise, usages) ainsi que les engagements déjà pris sur l'emploi, qui pourront influencer la structure et le contenu du PDV.
Cette étape permet également d'anticiper les attentes des représentants du personnel, en particulier lorsque l'entreprise a déjà connu des plans sociaux antérieurs.
Le choix entre un PDV pur et un PDV mixte constitue un point de passage obligé. Ce choix dépend notamment de la cause du projet (simple réduction d'effectifs, réorganisation, fermeture de site) et de l'impact réel sur les emplois. Dans un PDV mixte, l'employeur reste tenu aux obligations classiques des licenciements économiques, notamment l'élaboration d'un PSE et la recherche de reclassement interne, ce qui n'est pas le cas dans un PDV pur fondé exclusivement sur le volontariat.
Le contenu du plan doit ensuite être précisément défini, sur ses volets économique (présentation du projet, motifs et conséquences attendues) et social (catégories concernées, nombre de départs envisagés, calendrier, critères d'éligibilité et modalités de candidature). Le dispositif doit respecter le principe d'égalité de traitement et prévoir des critères objectifs et non discriminatoires de sélection des candidats au départ, afin de limiter les risques de contestation ultérieure.
II. La mise en place et la sécurisation de la procédure de PDV
Une fois le projet arrêté, l'employeur doit respecter une procédure encadrée, largement inspirée de celle applicable aux licenciements économiques. Lorsque le PDV conduit à la suppression d'au moins deux emplois, il doit être soumis à l'information et à la consultation du comité social et économique (CSE), sur ses aspects économiques et sociaux, dans le respect des délais prévus par le Code du travail. Le CSE peut se faire assister d'un expert-comptable lorsque le projet atteint certains seuils.
Parallèlement, l'administration du travail doit être informée du projet, et, dans les entreprises d'au moins 50 salariés envisageant au moins 10 départs sur 30 jours, valider l'accord collectif ou homologuer le document unilatéral qui encadre la réduction d'effectifs. L'employeur ne peut notifier aucune rupture tant que cette validation ou homologation n'a pas été obtenue. La procédure de dépôt et d'examen des candidatures doit, elle aussi, être précisément balisée : conditions d'éligibilité, délais de réponse, motifs de refus strictement objectifs et vérifiables.
La rupture des contrats s'opère ensuite par convention de rupture amiable ou, dans certains cas, par rupture conventionnelle, avec remise des documents de fin de contrat et respect des droits à indemnités, de reclassement, de priorité de réembauchage et, le cas échéant, des garanties propres aux salariés protégés.
Une documentation claire du processus (informations, avis, décisions, conventions) contribuera à démontrer le caractère volontaire des départs et la loyauté de la mise en place.