I. Les obligations et droits principaux de l'employeur
L'employeur doit exécuter le contrat en fournissant au salarié un travail réel, les moyens nécessaires pour le réaliser et le salaire correspondant, tout en garantissant l'adaptation de ce salarié à son poste. Il doit aussi prendre des mesures de prévention pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs, en tenant compte des risques propres à l'entreprise et, le cas échéant, des contraintes d'entreprises tierces où le salarié intervient.
La jurisprudence a longtemps qualifié cette obligation de sécurité d'" obligation de résultat ", avant d'admettre qu'un employeur qui démontre avoir appliqué l'ensemble des mesures prévues par le Code du travail ne méconnaît pas nécessairement ses devoirs, ce qui introduit une certaine nuance.
En parallèle, le lien de subordination lui confère un pouvoir de direction : il peut donner des ordres, organiser le travail, mettre en place des dispositifs de contrôle (évaluations, outils numériques, vidéosurveillance) sous réserve d'un respect strict de la vie privée, de la dignité et du principe de proportionnalité.
Il dispose également d'un pouvoir disciplinaire encadré, fondé sur un règlement intérieur licite et des procédures formelles (notification écrite, entretien préalable, délais), avec des sanctions autorisées (avertissement, mise à pied, mutation, licenciement pour faute) et d'autres prohibées, notamment les amendes ou les mesures discriminatoires.
II. Les obligations, libertés et protections du salarié
Le salarié doit respecter le lien de subordination : exécuter les tâches prévues, suivre les consignes et se conformer aux règles internes, sauf si celles-ci portent une atteinte injustifiée à ses droits fondamentaux. Il est également débiteur d'une obligation de sécurité à son niveau, ce qui implique de ne pas créer de danger pour lui-même ou pour les autres, sous peine de faute grave en cas de négligences répétées.
La loyauté se traduit aussi par l'interdiction de concurrencer son employeur, par le respect des éventuelles clauses d'exclusivité ou de non-concurrence, qui ne sont valables que si elles protègent des intérêts légitimes de l'entreprise et comportent une contrepartie financière réelle.
Le salarié bénéficie par ailleurs de droits importants : liberté d'expression (dans certaines limites liées aux propos injurieux ou diffamatoires), possibilité d'alerte en cas de faits illicites ou de menaces pour l'intérêt général, droit au respect de la vie privée et de la dignité, ainsi que garanties procédurales en matière disciplinaire (information claire des griefs, délais, contrôle du juge).
Les textes et décisions récents insistent sur la nécessité de concilier ces droits avec le droit à la preuve de l'employeur, par une mise en balance au cas par cas, notamment lorsqu'il est question de messages, réseaux sociaux, vidéosurveillance ou données informatiques.
Pour un salarié, comme pour un employeur, la gestion des conflits ou des alertes gagne à être conduite en ayant en tête ce double mouvement : respect des obligations contractuelles et protection des libertés individuelles, dans un cadre probatoire sécurisé.