La suspension du contrat de travail s'inscrit, en droit commun, dans le mouvement de stabilisation du rapport salarial, en offrant une alternative temporaire à la rupture lorsque l'exécution des obligations réciproques devient momentanément impossible ou inopportune.
Elle se définit classiquement comme une mesure de droit par laquelle l'effectivité des prestations est gelée, sans anéantissement du lien contractuel, le contrat demeurant le pont entre le passé et l'avenir de la relation de travail.
De ce fait, la suspension ne saurait être confondue avec une inexécution fautive : l'absence légitimement couverte par un texte ou un engagement ne peut fonder, à elle seule, un licenciement, sauf détournement de la finalité du congé ou manquement aux obligations résiduelles de loyauté.
Reste alors à identifier, au-delà de la diversité des congés et absences, les traits communs d'un régime général de suspension, articulé autour de ses caractères et de ses principales conséquences sur le lien contractuel et institutionnel.
