En l'état du droit fiscal, un étudiant étranger majeur résidant en France sans aucun revenu imposable n'a pas, de manière générale, l'obligation de déposer une déclaration de revenus, mais il en a très souvent intérêt en pratique (avis de non imposition, régularité de séjour, etc.).
Règles fiscales applicables
•Le fait d'être étudiant et étranger ne dispense pas en soi de l'obligation déclarative : un résident fiscal majeur doit déposer une déclaration dès lors qu'il perçoit des revenus imposables ou qu'il y a un enjeu d'identification fiscale.
•Pour les étudiants étrangers en séjour long, plusieurs guides universitaires rappellent qu'ils doivent déclarer leurs revenus chaque année, même si, du fait des exonérations, ils ne paient aucun impôt.
•Toutefois, lorsqu'un étudiant étranger titulaire d'un titre de séjour long séjour ne perçoit aucun revenu, certains supports de l'administration universitaire indiquent que la déclaration est alors facultative et non obligatoire.
Cas spécifique « aucun revenu »
•Un document d'information universitaire précise expressément : « Si un étudiant sous titre de séjour longue durée n'a aucun revenu, la déclaration est facultative. S'il a perçu des revenus, la déclaration est obligatoire. ».
•En l'absence de revenus, l'enjeu n'est donc pas l'impôt, mais l'existence d'un numéro fiscal et d'un historique déclaratif permettant de générer un avis d'impôt (même à 0) ou un avis de non imposition.
Intérêt pratique pour les changements de statut
•De nombreuses préfectures exigent, pour les changements de statut, des justificatifs fiscaux (avis d'imposition ou de non imposition), y compris pour des étudiants qui n'ont jamais travaillé.
•Pour obtenir un avis de non imposition, l'étudiant doit en pratique déposer une déclaration (même « blanche »), ce qui suppose création préalable d'un numéro fiscal auprès du SIP compétent.
•On est donc moins sur une obligation légale de déclarer en l'absence de revenus, que sur une exigence administrative de fait : sans déclaration, pas d'avis, et sans avis, dossier de changement de statut plus fragile ou incomplet devant certaines préfectures.
Points de vigilance pour votre pratique
•La situation varie selon que l'étudiant est ou non rattaché au foyer fiscal de ses parents (français ou étrangers, domiciliés ou non en France) et selon son statut de résident fiscal au sens de l'article 4 B CGI, souvent apprécié à partir de la durée de présence et du centre d'intérêts (études, logement, etc.).
•En contentieux ou dans vos échanges avec la préfecture, vous pouvez utilement distinguer :
oobligation légale de déclarer (liée à la perception de revenus et au statut de résident fiscal) ;
osimple démarche facultative mais recommandée pour obtenir un avis de non imposition, que la préfecture érige ensuite en pièce quasi obligatoire.
En pratique, pour sécuriser vos dossiers de changement de statut, conseillez vous plutôt systématiquement une déclaration « blanche » aux étudiants sans revenus, ou adaptez vous au cas par cas en fonction des exigences de la préfecture concernée ?
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