Le salarié conserve un droit exclusif sur son image
L'absence de signature d'un document écrit, d'une convention d'autorisation ou d'une clause précise définissant les supports, la finalité et la durée de diffusion prive l'employeur de tout titre juridique valable. La difficulté s'accentue lorsque l'image du salarié est intégrée à un site internet marchand, associée à la commercialisation d'un produit identifié, affichée avec un prix et utilisée comme support de valorisation promotionnelle.
La rupture du contrat de travail constitue, en outre, une ligne de démarcation essentielle.
À défaut d'autorisation expresse prévoyant une durée déterminée et survivant à la cessation de la relation contractuelle, toute utilisation postérieure est, par principe, dépourvue de fondement.
Un procès-verbal de conciliation prud'homale ou une formule générale par laquelle le salarié se déclare " rempli de ses droits " au titre de l'exécution et de la rupture du contrat ne saurait couvrir une atteinte autonome au droit à l'image, surtout lorsqu'elle n'a pas été évoquée, débattue ni indemnisée.
Conclusion
En poursuivant l'exploitation de l'image d'un ancien salarié après la fin de toute relation contractuelle, sans autorisation écrite, spécifique et limitée, l'employeur s'expose à voir sa responsabilité civile engagée, tant au titre du préjudice moral résultant de la perte de contrôle de l'image que du préjudice patrimonial lié à son utilisation à des fins commerciales.
CA Grenoble 27-1-2003 n° 99-4102, SA La Boîte à outils c/ M.
Le droit à l'image revêt, en effet, une dimension patrimoniale dès lors qu'il est utilisé comme vecteur de valorisation économique.
CA Aix-en-Provence, 21 mai 1991, SARL Propulsion c/ Brun
Pour être juridiquement valable, l'autorisation d'utilisation de l'image doit :
- Etre expresse et non équivoque ;
- Préciser la finalité de l'exploitation ;
- Identifier les supports concernés ;
- Déterminer une durée d'utilisation ;
Encadrer, le cas échéant, le périmètre de diffusion.
Le droit à l'image du salarié est un droit autonome, strictement protégé, qui ne se trouve ni absorbé par le contrat de travail ni neutralisé par la rupture de celui-ci. Toute exploitation suppose un consentement exprès, précis et limité.
En pratique, la sécurisation passe par une autorisation distincte, rigoureusement encadrée, et par une vigilance particulière lors de la fin de la relation contractuelle. À défaut, le risque contentieux est réel, et la jurisprudence se montre constante dans la protection du droit à l'image du salarié.