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La loi n°2025-1129 du 26 novembre 2025 de simplification du droit de l'urbanisme et du logement est venue révolutionner le contentieux des autorisations d'urbanisme.
En matière de permis de construire, il était d'usage, préalablement à la saisine du juge administratif, d'exercer un recours gracieux auprès du maire (ou de l'autorité compétente) afin d'obtenir le retrait de la décision.
Ce recours gracieux, selon l'ancienne législation, présentait plusieurs avantages, notamment :
Celui de solliciter un examen complémentaire du dossier par le maire et de s'inscrire dans une démarche précontentieuse, perçue comme moins agressive ;
Celui, surtout, de proroger le délai de recours. En effet, le maire disposait d'un délai de deux mois pour répondre au recours gracieux. Dès la décision du maire (explicite ou implicite), un nouveau délai de deux mois courait pour saisir le juge administratif. Cela permettait au requérant de laisser passer un délai pouvant aller jusqu'à six mois entre la date de délivrance du permis de construire et la saisine du tribunal administratif.
Ce schéma n'existe toutefois plus.
En effet, avec l'entrée en vigueur de la nouvelle loi, le recours gracieux perd son effet prorogeant sur le délai de recours contentieux, mais peut encore présenter un intérêt pratique dans certains cas.
La présente fiche vise donc à expliquer les nouvelles règles en la matière et présenter la nouvelle stratégie à adopter.
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L'exercice d'un recours gracieux contre un permis de construire ne proroge plus le délai de recours
La nouvelle loi vient introduire dans le code de l'urbanisme un nouvel article L. 600-12-2.
Cet article prévoit que :
" Le délai d'introduction d'un recours gracieux ou d'un recours hiérarchique à l'encontre d'une décision relative à une autorisation d'urbanisme est d'un mois. Le silence gardé pendant plus de deux mois sur ce recours par l'autorité compétente vaut décision de rejet.
Le délai de recours contentieux contre une décision mentionnée au premier alinéa n'est pas prorogé par l'exercice d'un recours gracieux ou d'un recours hiérarchique ".
Les nouvelles dispositions ont deux conséquences directes.
D'une part, le code de l'urbanisme permet toujours d'exercer un recours gracieux à l'encontre d'une autorisation d'urbanisme, notamment un permis de construire.
Toutefois, le délai pour exercer un tel recours gracieux n'est plus de deux mois mais d'un mois seulement.
Dès lors, il conviendra d'être vigilant sur la date d'envoi du recours gracieux auprès de l'autorité compétente.
Le recours gracieux devra intervenir rapidement, ce qui laisse peu de temps pour trouver des arguments pertinents.
Le maire disposera quant à lui toujours d'un délai de deux mois pour répondre.
A défaut de réponse dans ce délai, une décision implicite de rejet sera opposée à la demande.
La possibilité pour le maire de retirer le permis de construire après examen du recours gracieux reste donc inchangée.
D'autre part, et c'est là l'innovation principale du texte, le recours gracieux n'aura plus pour effet de proroger le délai de recours contentieux à l'encontre d'une autorisation d'urbanisme.
Comme évoqué précédemment, le recours gracieux permettait de retarder la saisine du juge administratif.
Cela permettait de gagner du temps et d'engager des négociations avec le porteur de projet.
Cela n'est donc plus possible.
Il faut retenir que le recours gracieux ne proroge plus le délai de recours contentieux.
Pour contester une autorisation d'urbanisme, il faut saisir le tribunal administratif dans le délai contentieux applicable, en principe de deux mois à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage régulier du permis sur le terrain.
Seule une saisine du juge administratif dans ces conditions sera en mesure de rendre la requête recevable.
Aussi, il est également important de noter que le recours gracieux ne dispense pas des formalités de notification auprès de l'auteur de la décision et du bénéficiaire de l'autorisation.
Quelle stratégie adopter pour contester un permis de construire ?
La loi du 26 novembre 2025 implique donc pour les requérants de faire évoluer leur stratégie à l'occasion d'un recours contre un permis de construire.
Sous réserve de vérification des nouvelles dispositions applicables, le recours pour excès de pouvoir doit être exercé dans le délai contentieux applicable, en principe de deux mois.
À défaut, tout recours sera irrecevable et il ne sera plus possible de contester l'autorisation d'urbanisme.
Dès lors, d'un point de vue stratégique, la première démarche consistera nécessairement à saisir le tribunal administratif.
Est-il alors encore utile d'exercer un recours gracieux contre un permis de construire ?
En réalité, si la procédure est parfaitement maîtrisée, le recours gracieux, même vidé de son effet principal (prorogation des délais de recours), peut toujours être exercé par le requérant et présenter un intérêt.
Ce recours gracieux pourra toujours aboutir au retrait de l'autorisation d'urbanisme par le maire ou l'autorité compétente.
En effet, le recours gracieux permettra un nouvel examen du permis par le maire au regard des arguments apportés.
Potentiellement donc, le recours gracieux pourrait entraîner le retrait de la décision, sans attendre une éventuelle annulation par le juge administratif.
Cela étant, si les nouvelles dispositions sont confirmées, le recours gracieux doit être exercé dans le délai d'un mois et ne dispense pas d'introduire, dans le délai contentieux applicable, un recours devant le tribunal administratif.
Fiche pratique rédigée par
Maître Ludovic GIUDICELLI
Avocat au barreau de PARIS (droit administratif, droit de l'environnement, droit de l'urbanisme)
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