Apporter la preuve des heures réalisées
La preuve des heures supplémentaires repose sur un système partagé entre le salarié et l'employeur.
Le salarié doit présenter des éléments suffisamment précis : agendas, courriels professionnels envoyés tardivement, plannings, badges d'entrée ou décomptes manuscrits.
Il n'est pas tenu de produire une preuve irréfutable, mais des indices crédibles.
Il revient ensuite à l'employeur de justifier des horaires effectivement accomplis, en vertu de l'article L.3171-4 du Code du travail.
En l'absence de système de décompte fiable mis en place par l'employeur, le doute profite au salarié.
Les majorations applicables sont de 25 % pour les huit premières heures supplémentaires hebdomadaires, puis 50 % au-delà, sauf accord d'entreprise prévoyant un taux différent qui ne peut être inférieur à 10 %.
Les heures peuvent aussi être compensées par un repos équivalent si un accord le prévoit.
Délais de prescription et conclusion
Le salarié dispose d'un délai de trois ans pour réclamer le paiement des heures supplémentaires impayées, conformément à l'article L.3245-1 du Code du travail.
Ce délai court à compter du jour où le salarié a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir.
Concrètement, il peut réclamer les sommes dues sur les trois années précédant sa demande, même s'il est toujours en poste.
En cas de rupture du contrat, la prescription court à compter de la fin du contrat et permet de remonter sur les trois années antérieures.
La procédure débute généralement par une mise en demeure adressée à l'employeur par lettre recommandée avec accusé de réception.
À défaut de réponse satisfaisante, le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes.
Il est essentiel de conserver tout document attestant des horaires réellement effectués dès les premiers dépassements constatés.