Cass. com., 7 janvier 2026, n° 23-22.723 et n° 24-13.163
Imposer des règles aux hôtes, surveiller leur comportement et mettre en avant les meilleurs grâce au badge " Superhost " relève, pour une plateforme de location, de la gestion commerciale la plus ordinaire. Ces pratiques peuvent pourtant la priver de la protection que la loi réserve aux simples hébergeurs de contenus. Dans l'une des affaires, ces éléments ont permis de caractériser un rôle actif excluant le bénéfice du régime protecteur de l'hébergeur.
Dans l'autre, la Cour de cassation a reproché aux juges de ne pas avoir suffisamment recherché si ces mêmes éléments caractérisaient un tel rôle actif. Dans les deux cas, des locataires avaient sous-loué leur logement sur Airbnb sans l'accord de leur bailleur. Celui-ci réclamait la restitution des sous-loyers au locataire et à la plateforme, laquelle se retranchait derrière sa qualité d'hébergeur. Selon le régime de la LCEN applicable aux faits jugés, l'hébergeur assurait le stockage de contenus fournis par les utilisateurs et bénéficiait d'un régime de responsabilité limitée : il ne répondait d'un contenu illicite que si, informé de son existence, il ne l'avait pas promptement retiré.
Depuis l'entrée en application du règlement européen sur les services numériques (DSA), ce régime est principalement prévu par son article 6. L'enjeu est important pour la victime, car une plateforme non hébergeur répond de ses actes selon les règles ordinaires de la responsabilité.