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Sujet (Cloturé) initié par lili77800il y a 7 mois - 985 vues
Bonjour,
Mon père est décédé depuis le 20 octobre 2023, malgré de nombreuses relances auprès des Notaires pour avoir la déclaration de succession pour pouvoir le déposer auprès de l'administration fiscale, je ne suis toujours pas en possession de la déclaration de succession.
Ma belle-mère est usufruitière des biens dépendant de la succession, dont je suis nu-propriétaire.
Depuis plus de vingt et un mois, une procédure amiable est engagée afin de parvenir à un accord sur la vente de certains biens immobiliers composant la succession. À ce titre, de nombreux échanges et propositions ont eu lieu entre les notaires respectifs, sans qu'aucun accord définitif n'ait pu être trouvé.
Parmi les biens concernés figurait une maison actuellement occupée par des locataires, laquelle devait expressément être incluse dans les biens destinés à la vente. Or, sans m'en informer préalablement ni en aviser mon notaire, ma belle-mère a pris l'initiative d'adresser directement un courrier aux locataires, leur indiquant son intention de reprendre le logement afin d'y habiter dans un délai de six mois.
Je précise que le bail des locataires est en cours jusqu'en avril 2026. Dans ce courrier, ma belle-mère indique que le logement qu'elle occupe actuellement serait insalubre. Toutefois, à ce jour, je n'ai reçu de sa part aucun courrier, justificatif, expertise ou document officiel permettant d'établir la réalité ou la gravité de cette situation.
Compte tenu de la durée de la procédure, de l'absence d'avancée concrète et de l'échec manifeste des tentatives de règlement amiable, j'ai sollicité auprès de mon notaire la cessation de toute conciliation ainsi que l'établissement d'un procès-verbal de non-conciliation. À ce jour, ce document ne m'a toujours pas été communiqué.
La décision unilatérale de reprise du logement par ma belle-mère soulève plusieurs difficultés majeures :
elle intervient alors qu'un accord de principe existait quant à la vente de ce bien ;
elle a été prise sans concertation ni information préalable du nu-propriétaire ;
elle modifie substantiellement la situation juridique et factuelle du bien dans un contexte déjà conflictuel.
Je précise également qu'en août 2025, j'avais formalisé par écrit mon intérêt pour ce bien et proposé de racheter la part de ma belle-mère. Cette proposition ayant été refusée, j'ai accepté de revenir à la proposition initiale consistant à vendre le bien. Dans ce contexte, la reprise soudaine du logement apparaît de nature à neutraliser toute perspective de vente ou de partage.
Au regard de l'ensemble de ces éléments, et notamment du précédent constitué par la renonciation de mon frère à la succession à la suite de pressions et de blocages comparables, j'estime que les agissements de ma belle-mère s'inscrivent dans une stratégie visant à faire obstacle au partage de la succession et à entraver l'exercice des droits du nu-propriétaire.
Ainsi, la reprise du logement litigieux apparaît davantage comme un moyen de blocage de la procédure de partage que comme la réponse à une nécessité objective, réelle et justifiée.
Le juge peut-il obliger l'usufruitier à vendre le bien immobilier pour que je reçoive ma part de nue-propriété (estimée entre 60 000 € et 65 000 €) ? Ou l'usufruitier peut-elle refuser de me verser la valeur de ma nue-propriété ?
Le juge peut-il empêcher l'usufruitier d'occuper le logement, alors que ce bien était initialement prévu à la vente ?
3. En résumé, est-ce que le juge peut être contraint de quitter les lieux pour la vente ?
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En indivision avec usufruit, votre belle‑mère dispose du droit d'usage et d'habitation du bien, mais elle ne peut ni modifier seule la destination du bien, ni prendre des décisions qui portent atteinte à vos droits de nu‑propriétaire.
L'article 815 du Code civil rappelle que nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision, et l'article 815‑5‑1 permet au juge d'autoriser la vente d'un bien indivis lorsque l'un des indivisaires s'y oppose abusivement.
Ainsi :
Le juge peut-il obliger l'usufruitier à vendre ?
Oui, si le juge estime que l'opposition de l'usufruitier est abusive et empêche le partage, il peut autoriser la vente du bien malgré son refus.
L'usufruitier ne peut pas vous imposer un blocage durable. La valeur de votre nue‑propriété vous sera alors versée, par principe selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI. L'usufruitier peut-elle refuser de vous verser votre part ?
Non. En cas de vente judiciaire ou amiable, la répartition du prix est automatique selon les droits de chacun. L'usufruitier ne peut pas s'y opposer. Le juge peut-il empêcher l'usufruitier d'occuper le logement ?
Oui, si l'occupation constitue un abus de jouissance (article 618 du Code civil) ou un moyen de bloquer le partage. Le juge peut ordonner la vente et, par conséquent, la libération des lieux pour permettre cette vente.
Au vu de la durée de la procédure, du refus de conciliation et des initiatives unilatérales de votre belle‑mère, une saisine du tribunal judiciaire semble opportune pour :
- constat d'échec de l'amiable,
- autorisation judiciaire de vendre,
- et éventuellement constat d'abus de jouissance.
Ces informations vous sont fournies à titre seulement indicatif et général et ne sauraient constituer une consultation juridique personnalisée, la présente réponse doit être adaptée à votre situation.
Je vous recommande en tout état de cause de faire appel à un avocat près de chez vous intervenant dans le domaine du droit concerné par votre problématique.
Je me tiens à votre entière disposition pour plus de précision concernant votre dossier, n'hésitez pas à me contacter au besoin.
Si j'ai répondu à votre question, merci de bien vouloir indiquer que cette question est résolue en cliquant sur le Bouton Vert.
Bien cordialement,
Axel PITTAVINO Avocat inscrit au Barreau des Hautes-Alpes
#Meilleure réponseil y a 7 mois
lili77800
Bonsoir Maître PITTAVINO,
Je vous remercie sincèrement pour votre réponse détaillée et claire, ainsi que pour le temps que vous avez consacré à l'analyse de ma situation.
Vos explications me sont très utiles. Je n'hésiterai pas à revenir vers vous si j'ai d'autres questions ou si j'ai besoin de précisions complémentaires.
Je vous remercie encore vivement.
Bien cordialement,
il y a 7 mois
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