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Sortie d'indivision après vie commune de 25 ans sans mariage
Sujet initié par CBil y a 5 mois - 1201 vues
Bonjour,
Je souhaite racheter le crédit restant dû de la maison dont mon ex-conjoint et moi-même sommes propriétaires à chacun 50%. Il exige que je lui verse en plus la soulte, ce à quoi je me refuse et ne puis accéder étant donnés mes revenus et ma situation. J'ai beaucoup moins travaillé que lui durant 20 années car je me suis occupée des trois enfants. J'ai 55 ans, je suis en profession libérale, je n'aurai qu'une faible retraite. Je souhaite racheter le crédit de la maison afin de garantir ma retraire et un lieu pour exercer sans avoir à débourser de loyer. Je suis psychanalyste. Une procédure est-elle possible ? Nous avons vécu ensemble de 1998 à 2023, et avons été pacsés à partir de 2008.
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Oui, une procédure est possible, mais elle ne permet pas, en principe, de devenir seule propriétaire sans indemniser votre ex-conjoint de sa part. En droit, nul ne peut être contraint à rester dans l'indivision, de sorte que l'un ou l'autre peut demander le partage du bien. Si vous souhaitez conserver la maison seule, le principe est que vous devez reprendre le prêt si la banque l'accepte et racheter la quote-part de votre ex, ce qui correspond en pratique à une **soulte** calculée sur la valeur nette du bien, après déduction du capital restant dû. Sauf accord amiable, la soulte est normalement payable comptant, et les délais légaux de paiement prévus par le Code civil concernent des hypothèses d'attribution préférentielle qui visent le conjoint survivant ou les héritiers copropriétaires, non une séparation d'ex-partenaires pacsés.
Le PACS ne supprime pas, à lui seul, une propriété acquise à 50/50. Si l'acte d'achat prévoit bien une indivision par moitié, cette répartition reste en principe la base du partage, sauf stipulation différente ou créance distincte pouvant être juridiquement démontrée.
En cas de désaccord persistant, l'issue habituelle est donc soit un accord notarié, soit un partage judiciaire pouvant aller jusqu'à la vente du bien et au partage du prix.
Cordialement, Merci d'indiquer que la question posée est résolue en cliquant sur le bouton vert.
Farouk Er-Razki Avocat au barreau de Paris
il y a 5 mois
CB
Y a-t-il moyen de faire valoir le fait que fixer un forfait en guise de soulte et me permettre de racheter le prêt restant dû serait une compensation par rapport à notre différence de revenu et de situation ? Lui gagné très bien sa vie,a toujours travaillé et aura une bonne retraite, ce qui est loin d'être mon cas. J'ai élevé trois enfants.
Puisque vous étiez pacsés, vous ne pouvez pas demander de "prestation compensatoire" (réservée au divorce), mais vous pouvez invoquer l'enrichissement injustifié ou la créance d'assistance si vous avez sacrifié votre carrière pour le foyer.
Juridiquement, le rachat du crédit seul ne suffit pas : la soulte est obligatoire pour compenser la part de capital déjà remboursée par votre ex-conjoint.
Cependant, vous pouvez négocier son montant à la baisse en faisant valoir votre contribution excessive aux charges du mariage (éducation des 3 enfants) qui a permis à Monsieur d'épargner davantage.
Une procédure de partage judiciaire devant le tribunal est possible pour demander l'attribution préférentielle du bien, surtout si vous y exercez votre activité libérale. Le juge pourra alors arbitrer sur un montant de soulte réduit tenant compte de vos disparités de retraites et de revenus.
Oui, une procédure est possible, mais elle ne vous permettra pas d'imposer à votre ex-conjoint de vous laisser sa part sans le payer : en droit, si vous voulez devenir seule propriétaire d'un bien indivis, vous devez en principe verser une soulte qui compense la valeur de sa part, la soulte étant normalement payable « comptant », sauf accord amiable pour des délais (par exemple paiement échelonné, hypothèque de garantie sur le bien)
En pratique, deux pistes :
1) tenter un accord devant notaire (évaluation de la maison, calcul de ce que vous lui devez réellement, négociation d'un paiement échelonné ou d'une renonciation partielle à la soulte en contrepartie d'autres avantages) ;
2) à défaut d'accord, saisir le juge pour un partage judiciaire : le juge pourra ordonner la vente du bien ou son attribution à l'un de vous à charge de soulte, mais il ne peut pas vous dispenser purement et simplement de payer votre ex-conjoint
Votre situation (carrière ralentie pour les enfants, revenus plus faibles, âge, perspective de retraite modeste) pourra être prise en compte pour discuter du montant et des modalités de paiement, mais pas pour supprimer totalement ses droits sur le bien ; il est donc important de consulter rapidement un avocat ou un notaire pour chiffrer précisément la soulte et voir si un montage (crédit, échelonnement, garanties) peut rendre l'opération supportable pour vous.
Bien à vous Merci de cliquer sur le bouton vert: question résolue Xavier DAUSSE
il y a 5 mois
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