Bonjour @ds44
Principes généraux applicables
Une autorisation d'urbanisme peut être contestée devant le tribunal administratif par un tiers, notamment un voisin, s'il justifie d'un intérêt à agir. Cet intérêt est apprécié au regard de l'article L. 600-1-2 du Code de l'urbanisme, c'est-à-dire si le projet est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien.
Toutefois, l'autorisation d'urbanisme ne tranche pas les questions de propriété privée. En vertu de l'article A. 424-8 du Code de l'urbanisme, les travaux sont autorisés sous réserve du droit des tiers. Autrement dit, la mairie peut autoriser une ouverture dans un mur au regard des règles d'urbanisme, mais cette autorisation ne règle pas à elle seule les questions de servitude, d'enclave, de mitoyenneté ou de droit de passage.
Points de vigilance
Il faut d'abord identifier précisément ce qui est contesté : déclaration préalable, permis de construire, arrêté de non-opposition, ou simple autorisation du service urbanisme. Les délais de recours, la procédure et la défense ne seront pas exactement les mêmes.
Le propriétaire voisin peut demander l'annulation de l'autorisation s'il estime que les règles d'urbanisme n'ont pas été respectées. En revanche, il ne peut pas obtenir automatiquement 3.000 euros par le seul fait d'avoir déposé une requête. Cette somme correspond probablement à une demande au titre des frais de procédure, sur le fondement de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative, que le juge reste libre d'accorder ou non.
3 Conseils applicables
Transmettez immédiatement la requête à la mairie et à votre syndic, car l'auteur de l'autorisation devra défendre la légalité de sa décision. La copropriété a également intérêt à intervenir ou à produire un mémoire si elle est bénéficiaire de l'autorisation.
Vérifiez ensuite le statut exact des parcelles : enclavement, existence ou absence de servitude, propriété du mur, accès actuel, règlement de copropriété, titres notariés et plans cadastraux. Si vos parcelles sont réellement enclavées, l'article 682 du Code civil peut fonder un droit de passage, mais celui-ci relève du juge judiciaire, non du juge administratif.
Enfin, ne payez pas spontanément les 3.000 euros réclamés. Il faut d'abord examiner la requête, ses moyens juridiques et la régularité de sa notification. Une défense structurée peut permettre de faire rejeter la demande d'annulation et, le cas échéant, de solliciter vous-mêmes une indemnité pour vos frais de défense.
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Bien à vous,
Maître Jordan MINARY
Avocat au Barreau de LYON
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il y a 1 mois
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