Bonjour,
Votre situation soulève plusieurs points sérieux, à la fois sur votre classification, votre rémunération et les pratiques de l'officine.
Sur la question du coefficient et du statut cadre, il faut raisonner non pas à partir de votre intitulé de poste, mais de vos fonctions réellement exercées. En droit du travail, c'est la réalité des missions qui prime.
Au regard de ce que vous décrivez, vos fonctions dépassent manifestement celles d'une simple préparatrice. Le fait de piloter un système qualité, de gérer des audits, de rédiger des procédures, d'organiser les plannings et d'exercer une forme de coordination traduit :
un niveau d'autonomie élevé,
des responsabilités transversales,
et une technicité importante.
Ces éléments correspondent effectivement, dans de nombreux cas, à un niveau cadre (coefficient 400) dans la convention collective de la pharmacie d'officine.
Cela ne signifie pas automatiquement que vous avez droit au statut cadre, mais votre situation justifie clairement une analyse approfondie et une possible requalification.
Concernant le rappel de salaire, la procédure est la suivante.
Vous devez d'abord constituer un dossier solide avec :
votre contrat de travail,
votre classification actuelle,
et surtout des preuves concrètes de vos missions réelles (emails, fiches de poste, audits, documents qualité, etc.).
Ensuite, vous pouvez adresser une demande écrite à votre employeur pour solliciter une reclassification et un rappel de salaire.
Si aucun accord n'est trouvé, vous pouvez saisir le conseil de prud'hommes.
Vous pouvez réclamer un rappel de salaire sur les 3 dernières années, correspondant à la différence entre votre coefficient actuel et celui que vous estimez justifié.
Sur la question de la PDA (préparation des doses à administrer), votre inquiétude est légitime. Cette activité est encadrée et suppose des garanties en matière de compétence et de sécurité.
Le fait que du personnel non qualifié réalise ces tâches peut poser un problème au regard du Code de la santé publique et des exigences de l'ARS.
Pour signaler ces manquements sans vous exposer, vous pouvez agir prudemment :
soit en faisant un signalement interne écrit (mail ou courrier),
soit en saisissant l'ARS de manière argumentée,
soit en utilisant un dispositif d'alerte (lanceur d'alerte).
En tant que salariée, vous bénéficiez d'une protection si vous signalez de bonne foi des faits présentant un risque pour la santé ou la sécurité. Votre employeur ne peut pas vous sanctionner pour cela, sauf abus.
Enfin, votre arrêt pour burn-out montre que la situation est déjà tendue. Il peut être utile de vous faire accompagner par un avocat ou un syndicat pour sécuriser vos démarches.
En résumé, votre situation peut justifier une requalification et un rappel de salaire, et vos inquiétudes sur la PDA sont fondées, mais vos démarches doivent être structurées et prudentes.
Je vous remercie de bien vouloir mentionner que la question est résolue.
Bien cordialement.