I. La suspension du contrat du salarié
La suspension du contrat repose d'abord sur un arrêt de travail prescrit par un médecin et communiqué à l'employeur dans un délai généralement fixé par la convention collective ou le règlement intérieur (souvent 48 heures). À défaut de justificatif, ou en cas de transmission très tardive, l'employeur peut envisager une sanction pouvant aller jusqu'au licenciement, sous réserve de circonstances particulières (difficulté matérielle à transmettre, informations déjà données, etc.).
Pendant l'arrêt, les obligations principales de travail et de rémunération sont mises entre parenthèses, mais l'obligation de loyauté subsiste.
Le salarié ne doit pas nuire à l'entreprise (activité concurrente, utilisation abusive de ressources), tandis que l'employeur ne doit pas l'amener à travailler pendant son arrêt. Le salarié conserve, en principe, le bénéfice de certains avantages liés à sa vie personnelle comme le logement de fonction ou le véhicule mis à disposition à titre d'usage privé.
La période de suspension a aussi un impact sur l'ancienneté et les congés payés. Désormais, les arrêts maladie ouvrent droit à des congés payés dans des conditions précisées par le Code du travail, avec des mécanismes de report et d'information à la charge de l'employeur, ce qui suppose un suivi rigoureux des droits acquis et restants.
II. La gestion de la rémunération, la reprise et la rupture éventuelle
Durant l'arrêt, le salarié perçoit des indemnités journalières de sécurité sociale, qui peuvent être complétées par l'employeur et, parfois, par un organisme de prévoyance, de manière à assurer un maintien partiel ou quasi intégral de la rémunération. Le maintien légal suppose notamment une ancienneté minimale et le respect des obligations d'information (envoi dans les délais, soins dans certains États). Les conventions collectives peuvent se révéler plus favorables, par exemple en prévoyant l'absence de délai de carence.
L'employeur peut faire réaliser une contre-visite médicale pour vérifier la réalité de l'incapacité de travail. En cas d'obstacle imputable au salarié, les indemnités complémentaires peuvent être suspendues pour l'avenir, sans que cela entraîne automatiquement une sanction disciplinaire. À la fin de l'arrêt, la visite médicale de reprise est parfois obligatoire (AT/MP, absences de longue durée), et seule cette visite met fin à la suspension du contrat dans ces hypothèses.
La rupture du contrat en lien avec la maladie doit être envisagée avec prudence : la santé ne peut constituer, à elle seule, un motif de licenciement. Les règles sont particulièrement protectrices en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, où le licenciement n'est possible qu'à titre exceptionnel. Pour un arrêt non professionnel, un licenciement peut être envisagé en cas de perturbation avérée du fonctionnement de l'entreprise nécessitant un remplacement définitif, ou pour un autre motif réel et sérieux étranger à l'état de santé.
Pour sécuriser la gestion d'un arrêt maladie, il est utile d'articuler systématiquement analyse juridique, lecture de la convention collective et dialogue avec le salarié et le service de santé au travail.