Bonjour @Sarah75
Principes généraux applicables
Votre situation relève d'abord des pouvoirs de police du maire. En vertu de l'article L. 2212-2 du Code général des collectivités territoriales, le maire doit assurer la sécurité publique et prévenir les accidents sur le territoire communal. Il doit donc agir lorsqu'une voie ouverte à la circulation présente un danger sérieux pour les personnes, les habitations ou les ouvrages.
De même, l'article L. 2213-1 du Code général des collectivités territoriales lui permet de réglementer ou d'interdire la circulation lorsque la sécurité l'exige. Enfin, si la commune ne dispose d'aucun titre, l'article 544 du Code civil permet de rappeler la force du droit de propriété et de contester l'emprise.
Points de vigilance
Il faut distinguer l'urgence de sécurité et la question du droit de passage. L'urgence consiste à obtenir rapidement une fermeture ou, au minimum, une restriction de circulation, notamment pour les camions, tracteurs et engins lourds, au regard des fissures du barrage, de l'absence de garde-corps, de la proximité des maisons et du risque de chute.
En parallèle, il faut demander à la commune de justifier le fondement juridique de cette route : acte, classement, servitude, convention, expropriation ou tout autre titre. Une commune ne peut pas organiser durablement une circulation publique sur une propriété privée par simple habitude.
La difficulté principale sera la preuve. Il faut donc réunir le rapport DREAL, des photographies, un constat de commissaire de justice, les plans cadastraux, ainsi qu'un avis technique sur l'état du barrage et le danger créé par la circulation.
3 Conseils applicables
Adressez d'abord au maire une mise en demeure en recommandé, avec copie au préfet, demandant la prise immédiate d'un arrêté de police : fermeture provisoire, interdiction des véhicules lourds, signalisation de danger et utilisation de l'itinéraire alternatif.
Si le maire refuse ou reste silencieux, une saisine du tribunal administratif en référé peut être envisagée, notamment sur le fondement de l'article L. 521-2 du Code de justice administrative en cas d'urgence grave, ou de l'article L. 521-1 du Code de justice administrative selon la décision à contester.
Enfin, demandez par écrit la communication de tous les titres justifiant la présence de cette route sur votre fonds. À défaut de titre, une action au fond pourra être envisagée afin de faire reconnaître l'empiètement et obtenir, le cas échéant, le déplacement définitif de la circulation.
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Bien à vous,
Maître Jordan MINARY
Avocat au Barreau de LYON
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il y a 1 mois