Bonjour @Juju
Lorsqu'un bien immobilier entre dans le champ d'intervention de la SAFER, le notaire doit notifier le projet de vente afin de lui permettre d'exercer, ou non, son droit de préemption. Ce droit est notamment prévu par l'article L. 143-1 du Code rural et de la pêche maritime.
La SAFER dispose en principe d'un délai de deux mois à compter de la notification complète qui lui est faite pour prendre position. Cette notification doit en pratique être faite avant la signature définitive, ce qui explique que la vente puisse être retardée lorsque cette formalité n'a pas été anticipée.
Si la SAFER préempte, elle peut le faire au prix prévu dans le compromis, mais elle peut aussi proposer un prix inférieur si elle estime le prix excessif, selon le mécanisme prévu par l'article L. 143-10 du Code rural et de la pêche maritime.
Points de vigilance
Vous auriez effectivement dû être informé beaucoup plus tôt de cette difficulté, au moins par le notaire chargé de la vente, et possiblement par l'agence si elle connaissait la nature du bien ou de la zone concernée. Le DPE n'a toutefois pas pour objet d'alerter sur le droit de préemption SAFER : ce n'est pas un diagnostic juridique de la situation foncière.
Le point essentiel est de savoir si la SAFER a seulement été informée de la vente, ce qui est fréquent, ou si elle envisage réellement de préempter. Il faut aussi vérifier la date exacte de réception de la notification complète par la SAFER, car c'est cette date qui fait courir le délai.
Concernant le prix, la SAFER ne peut pas librement « prendre votre bien au prix qu'elle veut ». Soit elle préempte au prix du compromis, soit elle fait une contre-proposition. Dans ce dernier cas, vous pouvez accepter, retirer le bien de la vente ou contester le prix devant le juge compétent.
3 Conseils applicables
Demandez immédiatement à votre notaire, par écrit, la copie de la notification adressée à la SAFER, sa date d'envoi, sa date de réception et la date exacte d'expiration du délai. Cela vous permettra de savoir si le report au 1er juin 2026 est justifié.
Prévenez sans délai le notaire de votre nouvel achat et demandez la prorogation des délais de votre compromis, notamment pour la remise de l'offre de prêt et la signature. Il faut expliquer que le retard provient d'une formalité SAFER non purgée lors de votre propre vente.
Enfin, si le défaut d'information vous cause un préjudice certain, par exemple perte du nouveau bien, frais inutiles, préavis donné trop tôt ou congés posés inutilement, une responsabilité de l'intermédiaire ou du notaire pourra être discutée. Mais il faudra démontrer une faute, un préjudice chiffré et un lien direct entre les deux.
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Bien à vous,
Maître Jordan MINARY
Avocat au Barreau de LYON
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