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Bonjour, Je me permets de demander des avis car ma situation est très compliquée et j'aimerais savoir quelles solutions juridiques pourraient me permettre de conserver au moins une partie de notre bien immobilier. Avec mon mari, nous avons acheté un terrain en 2000. Il s'agit en réalité de deux parcelles distinctes, de surfaces équivalentes. L'acte notarié a été signé à nos deux noms. Nous avons également signé ensemble l'acte notarié ainsi que le crédit immobilier. Sur la taxe foncière, il est indiqué « PROP/INDIVIS », ce qui confirme que nous sommes tous les deux propriétaires en indivision. Nous sommes mariés depuis 1999 en Tunisie. Notre contrat de mariage mentionne une adhésion au régime de la communauté des biens. Mon mari était entrepreneur individuel. Son entreprise a été placée en redressement judiciaire en 2018, puis en liquidation judiciaire en 2024. Nous avons commencé la construction d'une maison vers 2010/2012, mais le chantier s'est arrêté en 2015 au stade du gros œuvre. Aujourd'hui, la maison est toujours en briques : elle n'est ni hors d'eau ni hors d'air, et les travaux n'ont jamais repris. Sur les documents fiscaux et la taxe foncière, nous apparaissons tous les deux comme propriétaires indivis du bien. Le problème est que la maison a été construite sur les deux parcelles en même temps : il n'y a qu'une seule construction répartie sur les deux terrains. Pourtant, chaque parcelle dispose individuellement d'un permis de construire. Il serait éventuellement possible de séparer les parcelles à nouveau, mais cela impliquerait probablement de démolir une partie de la construction afin de respecter les règles d'urbanisme et l'emprise autorisée. Aujourd'hui, le mandataire judiciaire envisage la saisie du bien dans le cadre de la liquidation judiciaire de mon mari. Nous avons rendez-vous avec lui le 1er juin pour essayer de trouver une solution afin de conserver ce terrain. Le bien est également grevé d'une hypothèque bancaire d'environ 50 000 €. Par ailleurs, la maison présente de nombreuses malfaçons importantes (infiltrations, désordres structurels, problèmes de construction, etc.). Dans son état actuel, elle est quasiment invendable sans gros travaux. Je pense qu'aux enchères, le bien ne dépasserait pas 200 000 €. Les dettes professionnelles de mon mari s'élèvent à environ 500 000 €. Ma question est la suivante : Est-il possible de négocier avec le mandataire judiciaire pour conserver une des deux parcelles et lui laisser l'autre ? Une division du bien est-elle juridiquement envisageable malgré une seule construction sur les deux parcelles ? Faut-il plutôt négocier directement avec la banque pour rembourser l'hypothèque et tenter de récupérer l'ensemble du bien ? Existe-t-il une solution pour éviter la saisie totale du terrain ? Le mauvais état du bien et sa faible valeur réelle peuvent-ils jouer dans les négociations avec le mandataire ? Est-il également envisageable de négocier une solution amiable avec le mandataire judiciaire, par exemple en proposant de rembourser le crédit restant (hypothèque) ainsi qu'une petite somme correspondant à la part de mon mari dans le bien, afin d'éviter une vente aux enchères ? Le fait que le bien soit en très mauvais état et probablement surévalué par rapport au marché réel peut-il jouer dans ce type de négociation ? Quel type d'avocat faudrait-il consulter dans une situation comme celle-ci : avocat en droit immobilier, avocat en procédures collectives, ou cabinet maîtrisant les deux ? Je précise également que nous n'avons pas les moyens de racheter le bien dans sa totalité ni de terminer la maison. Merci beaucoup à ceux qui pourront m'éclairer sur les solutions possibles pour essayer de sauver au moins une partie de ce patrimoine.
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Votre situation présente plusieurs problématiques qui se croisent : droit des procédures collectives, droit immobilier, indivision et éventuellement liquidation du régime matrimonial. Il est donc normal que les réponses ne puissent pas être apportées uniquement sous l'angle de la propriété immobilière.
Tout d'abord, le fait que le bien soit mentionné comme étant détenu en « PROP/INDIVIS » sur les documents fiscaux et que l'acte d'acquisition ait été signé par vous deux constitue un élément important : vous êtes a priori tous les deux propriétaires du terrain. La liquidation judiciaire de votre mari ne permet donc pas au mandataire judiciaire de vendre un bien qui vous appartiendrait exclusivement, mais elle peut en revanche porter sur les droits appartenant à votre mari dans l'indivision.
La difficulté vient toutefois de la configuration particulière du bien : une seule construction implantée sur deux parcelles distinctes. Une séparation juridique des parcelles n'est pas impossible en théorie, mais elle doit être étudiée au regard des règles d'urbanisme applicables, des permis de construire délivrés, de la conformité de la construction existante et de la faisabilité technique. Une division qui conduirait à créer une parcelle supportant une partie seulement d'un bâtiment ou nécessitant une démolition peut être juridiquement et matériellement très complexe.
Concernant la procédure collective de votre mari, plusieurs pistes peuvent effectivement être envisagées, mais elles dépendront de l'analyse du mandataire judiciaire et de l'intérêt économique de la vente.
Dans une liquidation judiciaire, le mandataire recherche en principe la meilleure valorisation possible des actifs du débiteur. Si vous êtes en mesure de démontrer que :
* le bien est très difficilement vendable en l'état ; * une vente aux enchères présenterait un risque de dévalorisation importante ; * les coûts de réalisation de l'actif seraient élevés ; * une solution amiable permettrait d'obtenir une somme certaine plus rapidement,
cela peut constituer des éléments de négociation.
Une proposition consistant à racheter les droits de votre mari dans l'indivision ou à proposer une indemnisation peut être étudiée. En revanche, le mandataire ne pourra pas simplement abandonner les droits de votre mari : il doit agir dans l'intérêt des créanciers et toute solution devra être suffisamment justifiée économiquement.
La banque doit également être intégrée à la réflexion puisque l'existence d'une hypothèque modifie nécessairement l'équilibre financier du dossier. Il faudra notamment déterminer :
* le montant exact du capital restant dû ; * la valeur actuelle réelle du bien (et non une estimation théorique) ; * le montant des droits appartenant à votre mari ; * les conséquences d'une éventuelle vente sur le remboursement du prêt garanti.
Le mauvais état du bien peut donc être un argument dans les discussions, mais il ne suffira pas à lui seul à empêcher une réalisation de l'actif si celle-ci apparaît nécessaire dans le cadre de la liquidation judiciaire.
Au vu de la complexité du dossier, il est important de vous faire accompagner par un avocat qui maîtrise à la fois les procédures collectives et les problématiques immobilières. L'enjeu est notamment d'éviter qu'une décision soit prise sur la seule base d'une valeur immobilière théorique, sans tenir compte des contraintes techniques et juridiques du bien.
J'interviens précisément sur ce type de problématiques transversales, notamment en droit des affaires, procédures collectives et droit immobilier. Je peux vous accompagner pour analyser les actes (acquisition, prêt, hypothèque, permis de construire), déterminer vos droits dans l'indivision et préparer une stratégie de négociation avec le mandataire judiciaire et, le cas échéant, la banque.
Une première analyse du dossier permettrait notamment de vérifier quelles solutions sont réellement envisageables avant le rendez-vous avec le mandataire judiciaire.
Bien à vous,
Maître Gonzalez
il y a 2 mois
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