1. Une relation commerciale peut être rompue
En principe, une relation commerciale peut toujours prendre fin. Le droit n'interdit pas à un partenaire de changer de fournisseur, de client ou de prestataire, même après plusieurs années de collaboration.
Ce que la loi sanctionne, ce n'est donc pas la rupture en elle-même, mais la manière dont elle intervient.
La question à se poser : " La rupture a-t-elle respecté un préavis écrit suffisant, compte tenu de la relation existante ? "
Lorsque la relation était commerciale et établie, c'est-à-dire stable, suivie et habituelle, un minimum d'anticipation est exigé afin de permettre au partenaire évincé de se réorganiser. Un préavis écrit suffisant est attendu.
2. La rupture devient fautive si elle est brutale
La rupture est dite brutale lorsqu'elle intervient sans préavis ou avec un préavis insuffisant au regard de la relation.
Le préavis a un objectif très concret : permettre au partenaire évincé d'anticiper la fin de la relation, de trouver des solutions alternatives et de limiter l'impact économique de la rupture.
Une rupture annoncée du jour au lendemain, ou un arrêt immédiat des commandes ou prestations, peut être qualifiée de brutale si le préavis écrit ne permettait pas réellement de se réorganiser.
Attention : la rupture peut être totale ou partielle. Dès lors, une baisse brutale et significative des volumes, sans préavis adapté, peut également constituer une rupture brutale.
3. Comment savoir si le préavis était suffisant ?
Il n'existe pas de durée de préavis fixe qui s'appliquerait de la même manière à toutes les relations commerciales.
L'appréciation se fait au cas par cas, en tenant compte notamment :
- de la durée de la relation
- de sa régularité
- de son importance économique
- de la part de chiffre d'affaires concernée
- de l'existence d'une dépendance économique
- des usages du secteur
Plus la relation était ancienne, stable et structurante, plus le préavis attendu est long.
4. Que faire immédiatement en cas de rupture ?
Conservez toutes les preuves de la relation commerciale :
- les contrats conclus
- les échanges de courriels ou messages
- les bons de commande
- les factures
Identifiez la part de chiffre d'affaires concernée et l'impact économique réel de la rupture.
Il est également recommandé de demander un préavis ou une sortie progressive de la relation par écrit afin de formaliser la situation.
Vous pourrez alors demander une indemnisation correspondant au préjudice causé par l'insuffisance de préavis (la loi sanctionne surtout l'absence/insuffisance de préavis, pas la rupture en elle-même), et tenter une solution amiable avant d'agir.