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Abandon de poste : risques et intérêts pour le salarié

Travail / Démission / Par Alexia.fr , Publié le 02/02/2018 à 17h20
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Un salarié qui ne se présente plus à son poste du jour au lendemain, sans donner à son employeur de raisons légitimes telles qu’un arrêt maladie, est considéré comme abandonnant son poste de travail. Quelles sont les conséquences pour le salarié de cet abandon de poste ? Comment peut réagir l’employeur face à un tel comportement ?

La suspension du versement de la rémunération

Première conséquence importante de tout abandon de poste : l’employeur va immédiatement arrêter de payer le salarié. Il doit lui payer les jours travaillés sur le mois au cours duquel le salarié a quitté son poste mais, ensuite, il est dispensé de tout maintien de salaire.
Faute pour le salarié de transmettre dans les 48 heures un arrêt de travail justifiant son absence, l’employeur a tout droit d’arrêter le versement de la rémunération. Logique, compte tenu de la non-exécution du contrat !

La procédure pour faute grave

Après avoir constaté l’absence injustifiée de son salarié, l’employeur doit en principe prendre contact avec lui pour obtenir des explications. Il adresse ainsi le plus souvent des courriers au salarié lui demandant de justifier de son absence et de reprendre au plus vite le travail.
Lorsque le salarié ne répond pas et ne se présente toujours pas à son poste, l’employeur peut alors enclencher une procédure de licenciement disciplinaire. La non-exécution du contrat constitue bien une faute disciplinaire. Et l’employeur peut valablement qualifier cette faute de faute grave.
La conséquence ? Le salarié perd alors son droit à indemnité de licenciement et son droit à préavis. Pour un salarié disposant d’une ancienneté importante dans l’entreprise, l’impact financier n’est pas neutre !
Et pas question de saisir le conseil des prud’hommes pour tenter d’obtenir des dommages-intérêts en contestant le licenciement. L’abandon de poste est systématiquement admis comme motif de licenciement pour faute grave.
La seule victoire du salarié réside dans le fait qu’une fois le licenciement prononcé, il retrouve la liberté de s’engager avec un autre employeur, y compris concurrent de sa précédente entreprise. Et il va pouvoir bénéficier du chômage s’il dispose des droits nécessaires.

La tentation de prendre son temps

L’employeur n’est en aucun cas contraint de déclencher une procédure de licenciement dans les plus brefs délais contre un salarié en abandon de poste ! Voilà une donnée à bien prendre en compte côté salarié envisageant de quitter du jour au lendemain l’entreprise dans l’idée de partir chez un autre employeur ou de partir chez Pôle Emploi…
L’employeur peut ainsi attendre des semaines, des mois voire des années sans tirer les conséquences de l’absence du salarié et rompre son contrat. Pendant tout ce temps, le salarié reste tenu à son obligation de loyauté l’empêchant de travailler pour un concurrent ou de créer une entreprise concurrente. Et il est privé de salaire et de toute possibilité d’indemnisation par Pôle Emploi.
C’est donc à celui qui va craquer le premier entre employeur et salarié. Le salarié souhaitant retrouver sa liberté devra démissionner. L’employeur attendant trop pour rompre le contrat pourra licencier pour faute sérieuse mais ne pourra plus licencier pour faute grave, faute de pouvoir justifier de l’impossibilité de maintien dans les effectifs du salarié absent pendant la durée du préavis. Si le salarié est absent depuis plusieurs mois, la nécessité de rompre plus vite le contrat est en effet impossible à prouver !

Un accord entre les parties

L’abandon de poste peut aussi parfois être le résultat d’une négociation entre salarié et employeur. Etrange ? Un peu mais des raisons existent. L’idée est que l’employeur s’engage à licencier rapidement le salarié abandonnant son poste. Avec la faute grave, le licenciement ne lui coûte rien comparé par exemple avec une rupture conventionnelle individuelle. Côté salarié, cela permet d’éviter de démissionner et donc de pouvoir prétendre aux allocations chômage.
Gagnant, gagnant, sauf à se faire piéger. Il est donc conseillé de passer par un avocat pour encadrer cet accord et éviter tout risque.

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