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Pension alimentaire

Sujet (Cloturé) initié par Vivieil y a 1 an - 1519 vues
Bonjour Maître
Mes beaux fils redoublent encore cette année, l'un fait une école d'infirmier donc 3 ans d'études, il en est à sa 5 eme année car il a redoublé sa première année et maintenant celle ci, je précise qu'il a 25 ans et mon autre beau fils redouble aussi sa dernière année de BTS dans l'immobilier il a 22/23 ans. Ce sont clairement des adultes qui n'aiment pas les études, car ils ont redoublés plusieurs fois, la je viens d'apprendre qu'ils redoublent encore cette année, n'existe t'il pas un moyen pour arrêter cette pension qui n'en fini pas ?! Je précise que pour des raisons personnelles je ne travaille pas et nous avons droit à aucune aide.
Le premier beau fils en avait pour 3 ans d'études on dirait qu'il fait des études de médecine, c'est interminable !!! Et usant, merci d'avoir pris le temps de me lire et de me répondre.
Bien cordialement

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BELIGHA
Bonjour,

Je comprends parfaitement votre exaspération. Payer une pension alimentaire pour des enfants majeurs qui redoublent de manière répétée et ne semblent pas s'investir sérieusement dans leurs études est une situation financière et émotionnelle très lourde.

Il est important de rappeler que l'obligation alimentaire des parents envers leurs enfants ne cesse pas automatiquement à la majorité (18 ans). Elle se poursuit tant que l'enfant ne peut subvenir seul à ses besoins, à condition qu'il poursuive des études sérieuses et assidues ou qu'il soit dans l'incapacité de travailler (maladie, handicap).

La pension alimentaire pour des enfants majeurs : ce que dit la loi

Article 371-2 du Code civil : "Les parents ont l'obligation de nourrir, entretenir et éduquer leurs enfants." Cette obligation s'étend aux enfants majeurs s'ils ne peuvent pourvoir à leurs besoins, notamment s'ils poursuivent des études sérieuses.

Critère du "sérieux" et de l'"assiduité" : C'est le point clé de votre situation. La jurisprudence (décisions des tribunaux) est constante : la pension alimentaire pour un enfant majeur est due tant que cet enfant justifie de la poursuite d'études sérieuses et régulières lui permettant d'acquérir une autonomie financière. Le manque de résultats, les échecs répétés, les redoublements successifs non justifiés par des circonstances exceptionnelles (maladie, difficultés d'orientation sérieuses) peuvent être considérés par le juge comme un manque de sérieux ou d'assiduité.

Votre situation et les arguments à faire valoir

Les situations que vous décrivez pour vos beaux-fils sont des arguments sérieux pour demander l'arrêt ou la diminution de la pension alimentaire :

Beau-fils de 25 ans (5ème année pour un cursus de 3 ans) :

Le fait de redoubler deux fois une formation de 3 ans (donc être en 5ème année) pour des études d'infirmier, à 25 ans, peut être interprété comme un manque de sérieux dans la poursuite des études. Le juge pourra considérer que la durée du cursus excède anormalement la durée normale et qu'il n'y a pas de perspective réaliste de réussite dans un délai raisonnable.

À cet âge, il pourrait être attendu qu'il cherche des alternatives pour gagner en autonomie (alternance, emploi à temps partiel, formation plus courte et professionnalisante).

Beau-fils de 22/23 ans (redoublement de dernière année de BTS) :

Même si c'est "seulement" un redoublement de dernière année, si cela s'ajoute à des redoublements antérieurs (vous mentionnez qu'ils ont "redoublé plusieurs fois"), le schéma général d'échec répété devient un argument.

Le juge évaluera si le redoublement est justifié par des difficultés passagères ou s'il révèle une absence de motivation profonde pour les études choisies.

Les démarches à suivre

C'est le parent débiteur de la pension alimentaire (donc votre conjoint, le père des enfants) qui doit engager la procédure. Vous, en tant que belle-mère, pouvez le soutenir et l'aider à réunir les preuves.

Rassemblez les preuves :

Bulletins de notes, relevés de résultats, attestations de scolarité : Montrant les redoublements successifs.

Absences aux cours/examens : Si vous avez des preuves de non-assiduité.

Historique des études : Nombre d'années passées en études post-bac et cursus normaux versus réels.

Preuves de non-recherche d'emploi/alternance : Si les enfants ne montrent aucune volonté de chercher des alternatives ou de travailler.

Âge des enfants : C'est un facteur pris en compte par le juge.

Tenter une discussion amiable (facultatif mais recommandé) :

Votre conjoint pourrait tenter de discuter avec ses fils (et éventuellement leur mère, si elle est impliquée dans la perception de la pension) de leur projet d'avenir.

Proposer une médiation familiale peut aussi être une solution pour dialoguer sous l'égide d'un tiers neutre, avant de passer par la voie judiciaire.

Saisir le Juge aux Affaires Familiales (JAF) :

C'est la seule voie pour faire cesser ou modifier légalement le montant de la pension alimentaire. Votre conjoint ne peut pas l'arrêter unilatéralement, sous peine d'être considéré comme débiteur.

Votre conjoint devra déposer une requête auprès du JAF du lieu de résidence des enfants.

Il demandera la suppression ou la réduction de la pension alimentaire au motif que ses fils ne poursuivent plus leurs études avec le sérieux requis et/ou qu'ils sont en âge et en capacité de subvenir à leurs propres besoins.

L'assistance d'un avocat spécialisé en droit de la famille est très fortement recommandée. L'avocat saura constituer un dossier solide, présenter les arguments de manière pertinente et défendre les intérêts de votre conjoint devant le juge.

Le JAF analysera la situation de chaque enfant individuellement, en tenant compte de leur âge, de leur parcours scolaire, de leurs efforts réels, de leur état de santé, et de la situation financière de votre conjoint et des enfants.

Bon courage dans ces démarches.

Merci d'indiquer que j'ai répondu à votre question en cliquant sur le bouton vert de ma réponse.
#Meilleure réponseil y a 1 an
BELIGHA
Bonjour,

Je vous remercie d'indiquer si j'ai répondu à votre question en cliquant sur le bouton vert de ma réponse.

Bien à vous
il y a 1 an
Vivie
Je vous remercie infiniment pour votre retour rapide. J'ai juste une dernière question, apparemment mon beau fils de 25 ans serait dans une école payante mais sa mère ne nous a rien demandé jusqu'à présent. Mon mari a peur qu'elle lui réclame les arrierer. En a t'elle la possibilité ? Devait elle passer devant un juge pour que le père paye la moitié de sa scolarité en plus de la pension alimentaire qui est je précise de 414€ par mois pour les 2. Et en aucun les enfants le tiennent au courant de leur parcours car ils ne se parlent plus. L'aîné fait ses études près de bordeaux avec appartement mais la maman a des aides vu qu'elle est célibataire, justement elle refuse de se marier pour ne pas perdre ses avantages, bref....
Merci de votre retour et mille merci pour votre réponse
Belle journée à vous
il y a 1 an
BELIGHA
Bonjour,

Je comprends votre question et votre agacement face à cette situation, d'autant plus que la communication semble rompue avec les enfants et leur mère.

Voici les éléments de réponse concernant la scolarité de votre beau-fils de 25 ans et la pension alimentaire :

La pension alimentaire et les frais d'études supérieures :

La pension alimentaire de 414 € par mois pour les deux enfants est fixée par une décision du Juge aux Affaires Familiales (JAF). Cette somme est censée couvrir une partie des besoins courants et des frais liés à l'entretien et l'éducation des enfants.

Le fait que l'aîné fasse des études supérieures et ait un appartement près de Bordeaux est une évolution des besoins. Cependant, la pension alimentaire est forfaitaire. Elle n'inclut pas automatiquement le paiement de la moitié des frais spécifiques et élevés comme une école payante ou un logement étudiant séparé.

Devait-elle passer devant un juge pour que le père paie la moitié de la scolarité ?

Oui, absolument. Si la mère souhaite que le père contribue au-delà de la pension alimentaire déjà fixée (qui est censée inclure une part des frais de scolarité "normaux"), notamment pour les frais spécifiques d'une école payante ou pour le logement, elle ne peut pas lui réclamer cela unilatéralement.

Elle doit soit obtenir un accord amiable écrit avec le père sur le partage de ces frais supplémentaires, soit saisir à nouveau le Juge aux Affaires Familiales (JAF) pour demander une modification de la pension alimentaire ou la fixation d'une contribution spécifique pour ces frais exceptionnels.

Le choix de l'école privée : Si le père n'a pas été consulté sur le choix d'une école payante et coûteuse, il peut refuser de prendre en charge ces frais supplémentaires, car cette décision a été prise sans son accord. Le JAF examinera si ce choix était justifié, nécessaire, et proportionné aux revenus de chacun des parents.

L'absence de communication et les aides de la mère :

L'absence de communication joue en votre faveur (celle du père). S'il n'a pas été informé du parcours scolaire de son fils, ni consulté sur le choix d'une école payante, il est difficile de lui imposer de nouveaux frais. Devant le JAF, il pourra faire valoir qu'il n'a pas été associé aux décisions concernant l'orientation de son enfant majeur.

Les aides de la mère : Le fait que la mère reçoive des aides en tant que célibataire et refuse de se marier est un élément qui relève de sa situation personnelle et qui ne vous concerne pas directement dans l'obligation de payer des frais supplémentaires. Cependant, si l'affaire venait devant le JAF, les ressources et charges de chaque parent (y compris les aides perçues par la mère) seraient examinées pour déterminer la capacité contributive de chacun. La situation financière de tous les acteurs (parents et enfants) est prise en compte.

En résumé :

Vous (le père) n'êtes pas automatiquement obligé de payer la moitié du coût du logement et des frais de scolarité de l'école payante en plus de la pension alimentaire actuelle.

Si la mère veut ces sommes, elle doit demander une nouvelle décision au JAF ou obtenir un accord amiable avec le père.

L'absence de consultation sur le choix de l'école et la rupture de communication sont des arguments importants pour le père s'il venait à être saisi par le JAF.

Il est recommandé au père de ne pas verser ces sommes supplémentaires sans un accord formel ou une décision de justice. Si la mère saisit le JAF, ce dernier appréciera la situation dans sa globalité, y compris les ressources et charges de chacun, et les conditions dans lesquelles les choix d'études ont été faits.
il y a 1 an
Vivie
Vraiment je vous remercie infiniment, pour rien vous cachez tout c'est fait entre le fils et la mère, apparemment madame décide et mon mari est juste bon à payer ! Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis en colère car en plus de cela il n'y a pas de résultat. Au lieu de se rendre à l'évidence qu'ils ne sont pas scolaire elle les suit car à mon avis elle est contente de toucher cette pension plus les aides, pourquoi s'en priver ? Je ne vous cache pas que je trouve cela injuste, la pension devrait s'arrêter à 18 ans puisqu'au yeux de la loi ils sont majeurs ! Donc ils sont majeurs pour se prendre en main. Je suis en colère car il y a toutes les pensées derrières notamment et ce depuis la seconde. Quand j'entendais qu'ils ne voulaient pas travailler et on doit encore supporter cela, car si mon mari ne fait rien cette année je sais que l'année suivante ce ne sera pas terminé et qu'il faudra encore payer. Merci vraiment pour tout Maître.
il y a 1 an
Maitre Maturin PETSOKO
Maître Maturin PETSOKO
Avocat au barreau de Paris
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Bonjour

En France, la pension alimentaire versée à un enfant majeur ne cesse pas automatiquement à sa majorité. Elle peut être maintenue tant que l'enfant n'est pas autonome financièrement, c'est-à-dire qu'il ne peut pas subvenir seul à ses besoins. Cela inclut les périodes d'études supérieures, même en cas de redoublement.

Cependant, cette obligation n'est pas illimitée dans le temps. Les juges examinent plusieurs critères pour décider du maintien ou de la suppression de la pension alimentaire :

Le sérieux du parcours scolaire : assiduité, résultats, cohérence du projet professionnel. Des redoublements répétés sans justification peuvent être interprétés comme un manque d'investissement.

L'âge de l'étudiant : au-delà de 25 ans, les tribunaux sont plus exigeants et peuvent considérer que l'enfant devrait être autonome ou engagé dans une activité rémunérée.

La situation financière du parent débiteur : si vous êtes dans une situation précaire ou sans ressources, cela peut justifier une demande de révision ou de suppression de la pension.

L'obligation d'information : l'enfant majeur doit vous tenir informé de son parcours, ses résultats et ses projets. En cas de manquement, cela peut être un motif de révision.

Si vous estimez que les études ne sont pas sérieuses ou que la situation devient injuste, vous pouvez saisir le juge aux affaires familiales pour demander :

La réduction ou la suppression de la pension alimentaire.

La révision des modalités de versement, notamment si vous souhaitez que la pension soit versée directement à l'enfant (et non au parent créancier).

Cette démarche ne nécessite pas obligatoirement un avocat, mais il peut être utile pour vous accompagner dans la rédaction de la requête et la présentation des justificatifs.

Je me tiens à votre disposition pour vous conseiller et vous assister
Merci d'indiquer la question comme résolue en cliquant sur le BOUTON VERT
il y a 1 an
Vivie
Je vous remercie infiniment pour votre retour rapide. J'ai juste une dernière question, apparemment mon beau fils de 25 ans serait dans une école payante mais sa mère ne nous a rien demandé jusqu'à présent. Mon mari a peur qu'elle lui réclame les arrierer. En a t'elle la possibilité ? Devait elle passer devant un juge pour que le père paye la moitié de sa scolarité en plus de la pension alimentaire qui est je précise de 414€ par mois pour les 2. Et en aucun les enfants le tiennent au courant de leur parcours car ils ne se parlent plus. L'aîné fait ses études près de bordeaux avec appartement mais la maman a des aides vu qu'elle est célibataire, justement elle refuse de se marier pour ne pas perdre ses avantages, bref....
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Belle journée à vous
il y a 1 an
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