Bonjour @Bruno,
La réponse appelle une distinction.
Rappel du principe
En matière d'assurance chômage, toutes les sommes obtenues aux prud'hommes n'ont pas le même traitement.
La somme la plus sensible, dans votre dossier, est la contrepartie financière de la clause de non-concurrence. En droit du chômage, cette indemnité est regardée comme une somme inhérente à la rupture et elle entre, en principe, dans le champ des sommes susceptibles d'affecter l'indemnisation chômage, au même titre que certaines indemnités compensatrices. Les règles Unédic visent expressément les indemnités compensatrices de non-concurrence, et le différé d'indemnisation spécifique prend en compte les sommes inhérentes à la rupture, quelle que soit leur nature.
En revanche, les dommages et intérêts pour exécution déloyale n'obéissent pas à la même logique. Ce sont, en principe, des dommages et intérêts réparant un préjudice, et non un revenu de remplacement ou un salaire. Ils n'ont donc pas vocation, en eux-mêmes, à entraîner une restitution de l'ARE.
Les congés payés afférents suivent généralement le sort de la somme principale à laquelle ils se rattachent. Donc, si France Travail s'intéresse à la contrepartie de non-concurrence, il regardera aussi, en pratique, les congés payés afférents à cette contrepartie. J'indique ici une conséquence usuelle de qualification, plus qu'une automaticité absolue.
Point de vigilance
Le point important est le suivant : France Travail ne va pas nécessairement vous demander automatiquement un remboursement intégral, mais un risque de réexamen existe clairement pour la seule partie "non-concurrence".
Pourquoi ? Parce que cette indemnité correspond précisément à une période post-contractuelle de 18 mois pendant laquelle vous étiez aussi indemnisé au titre de l'ARE. Or les règles chômage considèrent cette indemnité comme spécifique, et son paiement tardif par jugement ne la rend pas neutre pour autant. Il peut donc y avoir, selon le traitement retenu par France Travail, soit une demande d'indu, soit un recalcul théorique de la période d'indemnisation. En revanche, je serais trop affirmatif si je vous disais qu'il y aura forcément restitution : cela dépend beaucoup de la manière dont le jugement est rédigé, de la ventilation exacte des sommes, et de la façon dont l'employeur les déclarera.
À l'inverse, les dommages et intérêts pour exécution déloyale me paraissent beaucoup moins exposés à une récupération par France Travail.
Mes 3 conseils :
1. Regardez très précisément la rédaction du jugement et, surtout, la façon dont l'employeur va établir le bulletin, l'éventuel solde, et les déclarations sociales, car c'est souvent là que se joue le traitement par France Travail.
2. Distinguez clairement, dans vos échanges et vos pièces, les trois postes : non-concurrence, congés payés afférents, dommages et intérêts pour exécution déloyale. Il ne faut surtout pas laisser ces sommes être présentées comme un bloc unique.
3. Avant encaissement ou immédiatement après paiement, interrogez France Travail par écrit, pièces à l'appui, pour figer leur position sur le traitement de la contrepartie de non-concurrence. C'est le meilleur moyen d'éviter une mauvaise surprise tardive.
Si cette réponse vous a été utile, je vous remercie de bien vouloir indiquer la question comme résolue et de sélectionner précisément la meilleure réponse, c'est à dire en cliquant sous la réponse qui vous a été la plus utile, afin d'attribuer cette réponse à l'avocat qui vous a le plus aidé.
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Bien à vous,
Maître Jordan MINARY
Avocat au Barreau de LYON
La présente réponse constitue un avis juridique général, émis sous toutes réserves, au regard des seuls éléments exposés. Elle ne saurait se substituer à une consultation juridique personnalisée.
Pour toute démarche engageant vos droits, il convient de consulter un avocat, seul à même de procéder à une étude complète et sur pièces de votre dossier et de vous fournir une réponse adaptée.
il y a 2 jours
Bonjour maitre,
le jugement a été rédigé ainsi :
le conseil des prud'hommes condamne la société X à verser à Monsieur Y les sommes suivantes :
- XXX bruts à titre de la contrepartie à la clause de non concurrence
- XXX bruts à titre de congés payés afferents
- XXXX au titre de l'exécution déloyale du contrat de travail
- XXX au titre de l'article 700 du code de procédure civile
condamne la société X aux entiers dépens de l'instance
Dit que les sommes allouées porteront intérêts au taux légal à compter du prononcé du présent jugement.
Et surtout si pole emploi me demande de rembourser je le saurais sous combien de temps ? est ce que je dois rester dans l'attente d'avoir une mauvaise nouvelle ou bien je peux m'estimer tranquille au delà de 2 ou 3 mois sans aucun courrier ?
Ma rupture ayant eu lieu pendant ma période d'essai car la société avait du mal à s'en sortir (plusieurs ruptures de contrat en peu de temps), est ce que ça peut jouer en ma faveur ?
merci
il y a 2 jours
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