Bonjour @FLEUR
En présence d'une donation entre époux, dite donation au dernier vivant, le conjoint survivant peut, selon la rédaction de l'acte, disposer d'options successorales renforcées, notamment l'usufruit de tout ou partie de la succession.
Sur le plan fiscal, il faut distinguer les droits du conjoint survivant et ceux des enfants. Le conjoint survivant est exonéré de droits de succession entre époux, tandis que les enfants bénéficient chacun d'un abattement en ligne directe de 100 000 euros, prévu par l'article 779 du Code général des impôts.
Lorsque le conjoint survivant recueille l'usufruit et que les enfants recueillent la nue-propriété, la valeur taxable de chacun est calculée selon le barème de l'article 669 du Code général des impôts, en fonction de l'âge de l'usufruitier au jour du décès.
Lors de votre décès, si votre conjoint opte pour la totalité en usufruit, vos deux enfants communs seront nus-propriétaires de vos biens. Chacun d'eux pourra bénéficier de son abattement personnel de 100 000 euros sur la valeur fiscale de sa part en nue-propriété. L'enfant de votre conjoint issu d'un premier lit n'est pas, sauf adoption ou disposition testamentaire particulière, votre héritier légal.
Pour le paiement des droits, le redevable fiscal reste en principe l'héritier qui reçoit la nue-propriété, donc l'enfant nu-propriétaire. L'usufruitier peut matériellement aider ou avancer les fonds, mais cette prise en charge doit être encadrée par le notaire, car elle peut, selon les modalités, être analysée comme un avantage ou une libéralité consentie aux enfants.
Au second décès, celui de votre conjoint, l'usufruit s'éteindra en principe sans nouveaux droits de succession sur les biens dont vos enfants étaient déjà nus-propriétaires. Ils deviendront pleins propriétaires par extinction de l'usufruit, ce qui est différent d'une nouvelle transmission taxable.
3 Conseils applicables
Faites relire votre donation au dernier vivant par le notaire afin de vérifier exactement les options offertes au conjoint survivant, notamment l'option pour la totalité en usufruit.
Demandez une simulation chiffrée avec l'âge prévisible de l'usufruitier, car la valeur de la nue-propriété varie fortement selon le barème fiscal applicable au jour du décès.
Enfin, ne partez pas du principe que les mêmes droits seront dus au premier et au second décès. Au premier décès, les enfants paient éventuellement sur la nue-propriété transmise, après abattement. Au second décès, l'extinction de l'usufruit ne donne en principe pas lieu à une nouvelle taxation sur cette même pleine propriété ; seuls les biens propres composant la succession de votre conjoint seront alors fiscalement transmis à ses propres héritiers.
Si cette réponse vous a été utile, je vous remercie de bien vouloir indiquer la question comme résolue et de sélectionner précisément la meilleure réponse, c'est à dire en cliquant sous la réponse qui vous a été la plus utile, afin d'attribuer cette réponse à l'avocat qui vous a le plus aidé.
Cela permet de valoriser le travail juridique fourni et d'aider d'autres personnes confrontées à une difficulté similaire.
Selon ce qui vous sera utile et nécessaire, vous pouvez également prendre attache avec mon cabinet afin que nous puissions approfondir ce dossier ensemble.
Bien à vous,
Maître Jordan MINARY
Avocat au Barreau de LYON
La présente réponse constitue un avis juridique général, émis sous toutes réserves, au regard des seuls éléments exposés. Elle ne saurait se substituer à une consultation juridique personnalisée.
Pour toute démarche engageant vos droits, il convient de consulter un avocat, seul à même de procéder à une étude complète et sur pièces de votre dossier et de vous fournir une réponse adaptée.
il y a 3 heures
Merci beaucoup pour vos éclaircissements
il y a 2 heures
Pouvez vous mentionnez que la question est résolue.
Je vous en remercie grandement par avance.
Bien a Vous.
il y a 1 heure
Bonjour,
Je vous en prie, je vous remercie pour votre retour.
Bien cordialement.
il y a 1 heure
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