Bonjour @Oneflashblue
La rupture conventionnelle ne peut jamais être imposée, ni par le salarié, ni par l'employeur. Elle suppose un accord libre des deux parties, conformément à l'article L. 1237-11 du Code du travail. L'employeur peut donc refuser ou ne pas donner suite, même si cela est évidemment regrettable lorsque la situation humaine est difficile.
En outre, la rupture conventionnelle obéit à un calendrier incompressible : entretien, signature d'une convention, délai de rétractation de quinze jours calendaires prévu par l'article L. 1237-13 du Code du travail, puis homologation administrative prévue par l'article L. 1237-14 du Code du travail. Un départ au 1er mai, pour une demande faite le 17 avril, était donc juridiquement très difficile à tenir.
Points de vigilance
Votre amie ne doit pas commencer son nouvel emploi sans avoir sécurisé sa situation avec son employeur actuel. Un congé sans solde suppose l'accord exprès de l'employeur. Quant aux congés payés, ils ne doivent pas être utilisés à la légère pour exercer un autre emploi, car cela peut poser des difficultés au regard de l'obligation de loyauté, d'une éventuelle clause d'exclusivité, et des durées maximales de travail.
Il faut également comprendre que l'employeur peut faire traîner sans que cela rende automatiquement la rupture conventionnelle acquise. La bonne posture consiste donc à formaliser les choses par écrit : demander une réponse claire, proposer une date d'entretien, et rappeler que la demande s'inscrit dans un contexte de souffrance au travail après un incident grave.
3 Conseils applicables
Votre amie doit adresser un écrit courtois mais ferme à la direction, en demandant si l'employeur accepte ou refuse d'entrer en négociation sur une rupture conventionnelle, et en sollicitant une réponse rapide compte tenu de son projet professionnel.
Elle a intérêt à éviter de poser ses congés payés uniquement pour commencer ailleurs, sauf accord clair et vérification de son contrat de travail. Les congés payés non pris seront, en principe, indemnisés à la rupture du contrat ; il n'est donc pas toujours opportun de les consommer dans la précipitation.
En cas de démission, elle perdra l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle et, en principe, ses droits immédiats au chômage, sauf hypothèse particulière de démission légitime ou dispositif spécifique. Si le nouveau poste est certain, la démission peut être une solution pratique, mais elle doit être décidée en connaissance de cause. À défaut d'accord rapide, il faut donc arbitrer entre deux risques : perdre le nouveau poste ou quitter l'ancien emploi sans les avantages de la rupture conventionnelle.
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Maître Jordan MINARY
Avocat au Barreau de LYON
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il y a 10 heures
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