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Rupture conventionnelle proposée puis refusée, quels recours ?
Sujet (Cloturé) initié par JusticeParentaleil y a 3 mois - 889 vues
Bonjour,
Je souhaiterais connaître mes recours dans la situation suivante.
J'ai été embauchée en CDI en janvier 2025.
Au début, tout se passait bien. Cependant, mes relations avec la responsable RH se sont progressivement dégradées. J'ai notamment subi plusieurs remarques que j'ai mal vécues, telles que : « vous devriez peut-être consulter un psychologue » ou encore « vous êtes trop faible pour ce poste ».
Par ailleurs, certains collaborateurs ont tenu à plusieurs reprises des propos que j'ai perçus comme déplacés voire discriminatoires concernant mes origines métissées et mon apparence physique (remarques sur ma couleur de peau, mes cheveux ou encore mon physique).
En août 2025, j'ai appris ma grossesse. Mon état de santé s'est progressivement dégradé et mes arrêts de travail sont devenus plus fréquents.
À cette période, la direction et la responsable RH m'ont indiqué qu'elles ne pouvaient pas mettre en place d'aménagement de poste ou d'horaires. Une rupture conventionnelle m'a alors été proposée. J'ai eu le sentiment que cette solution était privilégiée en raison de mes difficultés de santé et de mes absences liées à la grossesse.
À ce moment-là, je n'ai pas souhaité donner suite à cette proposition car j'étais enceinte et avais besoin de stabilité professionnelle et financière dans la perspective de la naissance de mon enfant.
Par la suite, mon état de santé a nécessité un arrêt de travail prolongé jusqu'au début de mon congé maternité.
Lors de plusieurs échanges, il m'a été indiqué oralement que la possibilité d'une rupture conventionnelle restait envisagée et qu'un point serait fait après mon accouchement afin de voir comment poursuivre, qu'ils feraient tout pour que je parte dans les meilleurs conditions.
Pendant mon arrêt, plusieurs difficultés sont également apparues :
* contestation de la validité d'un arrêt de travail au motif qu'il ne comportait pas le tampon du praticien alors qu'il était signé ; * déclaration d'une absence injustifiée dans le logiciel interne alors que la régularisation de l'arrêt était en cours.
À l'approche de ma reprise, j'ai repris contact avec ma responsable afin de faire le point sur la rupture conventionnelle précédemment évoquée.
Après plusieurs semaines d'attente, celle-ci m'a finalement indiqué qu'elle me laissait traiter directement le sujet avec la responsable RH.
Cette dernière m'a alors informée que l'entreprise ne pratiquait plus de rupture conventionnelle et qu'il s'agissait d'une décision définitive.
Pourtant, plusieurs collègues m'ont indiqué que des ruptures conventionnelles avaient été accordées au sein de l'entreprise au cours de l'année et que certaines seraient encore en cours actuellement.
Les échanges intervenus après ma grossesse et avant mon congé maternité m'avaient laissé penser que cette possibilité demeurait ouverte et qu'elle pourrait être étudiée après mon accouchement. J'ai donc organisé mes projets personnels et professionnels en tenant compte de cette éventualité.
Je suis aujourd'hui mère isolée de deux enfants à charge. Je comptais notamment sur la possibilité d'une rupture conventionnelle afin de bénéficier d'une période de transition me permettant de rechercher un emploi compatible avec mes nouvelles contraintes familiales et les horaires de garde de mes enfants.
Le refus de cette solution, à quelques semaines de ma reprise, me place dans une situation d'incertitude importante tant sur le plan professionnel que financier.
Aujourd'hui, je ne me projette plus dans une reprise au sein de cette entreprise, compte tenu du contexte qui a précédé mon arrêt de travail et mon congé maternité.
Mes questions sont les suivantes :
* Le fait d'avoir laissé entendre pendant plusieurs mois qu'une rupture conventionnelle était envisagée puis de la refuser peut-il engager la responsabilité de l'employeur ou constituer un préjudice indemnisable ? * Les éléments exposés sont-ils susceptibles de caractériser un harcèlement moral ou une discrimination liée à mon état de grossesse ? * Le fait de proposer une rupture conventionnelle à une salariée enceinte ou en difficulté de santé peut-il être retenu comme un élément à charge dans l'appréciation du comportement de l'employeur ? * Quels recours me conseilleriez-vous avant d'envisager une démission ? * Une saisine de la médecine du travail ou du conseil de prud'hommes vous semblerait-elle pertinente dans ce contexte ?
Je précise ne disposer d'aucun écrit concernant la proposition ou l'éventuel engagement relatif à la rupture conventionnelle, les échanges ayant eu lieu oralement.
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Au vu des éléments que vous exposez, plusieurs points méritent d'être distingués.
1. La rupture conventionnelle
Une rupture conventionnelle suppose l'accord des deux parties. Même si l'employeur l'a évoquée à plusieurs reprises, il reste libre de ne pas y donner suite tant qu'aucune convention de rupture n'a été signée.
Par conséquent, le simple fait d'avoir envisagé ou proposé une rupture conventionnelle puis de finalement la refuser n'ouvre pas automatiquement droit à indemnisation.
En revanche, si vous parvenez à démontrer que l'employeur vous a maintenue pendant plusieurs mois dans la conviction qu'une rupture allait être conclue et que vous avez pris des décisions importantes en conséquence, la question d'un éventuel préjudice pourrait être discutée, même si ce type d'action reste délicat en l'absence d'écrits.
2. La grossesse et la proposition de rupture conventionnelle
Le fait de proposer une rupture conventionnelle à une salariée enceinte n'est pas, en soi, interdit.
En revanche, si cette proposition est liée à la grossesse, aux absences médicalement justifiées ou à l'état de santé de la salariée, elle peut constituer un élément parmi d'autres dans l'appréciation d'une éventuelle discrimination.
3. Le harcèlement moral et les propos relatifs à vos origines
Les remarques que vous rapportez :
-« vous devriez consulter un psychologue » ; -« vous êtes trop faible pour ce poste » ; -ainsi que les propos répétés sur vos origines, votre couleur de peau ou votre apparence,
peuvent effectivement être prises en considération dans une analyse globale de la situation.
Toutefois, la qualification de harcèlement moral ou de discrimination dépendra notamment de la répétition des faits, de leur contexte et des éléments de preuve disponibles.
4. Avant toute démission
Je vous déconseille d'envisager une démission précipitée.
Compte tenu du contexte que vous décrivez, il paraît préférable :
-de solliciter la médecine du travail avant toute reprise ; -d'exposer précisément les difficultés rencontrées ; -et de faire constater, le cas échéant, l'impact de la situation sur votre état de santé.
La médecine du travail peut jouer un rôle important dans l'évaluation des conditions de reprise et dans la recherche d'éventuels aménagements.
5. Une action prud'homale ?
Au vu de votre exposé, une consultation auprès d'un avocat ou d'un défenseur syndical pourrait être utile avant toute décision.
Les éléments que vous décrivez (proposition de rupture conventionnelle pendant la grossesse, remarques de la hiérarchie, difficultés liées aux arrêts de travail, refus final de rupture conventionnelle) ne garantissent pas le succès d'une action prud'homale, mais ils peuvent constituer un ensemble de faits méritant une analyse approfondie.
En tout état de cause, je vous conseillerais de conserver tous les éléments objectifs dont vous disposez (courriels, attestations, échanges, documents relatifs aux arrêts de travail et à la reprise).
Je vous remercie par avance de bien vouloir mentionner que la question est résolue.
Bien Cordialement.
#Meilleure réponseil y a 3 mois
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