Bonjour,
Votre voisin ne peut, en principe, décider unilatéralement de fixer des éléments — tels qu'un pare-pluie, un isolant, une ossature ou une cloison — sur un mur vous appartenant, ni utiliser celui-ci comme support pour sa construction, si ces travaux excèdent la portée de l'autorisation que vous lui avez expressément accordée.
Il convient toutefois d'examiner précisément la nature juridique du mur — mur privatif, mitoyen ou situé en limite séparative — ainsi que le contenu et l'étendue de l'accord écrit intervenu entre vous. L'autorisation donnée doit être interprétée au regard de ses termes exacts : un accord limité à certains travaux ne vaut pas nécessairement autorisation générale de fixer de nouveaux éléments sur le mur, de modifier celui-ci ou de l'utiliser comme support permanent.
De même, le fait de réaliser une dalle au contact ou à proximité immédiate de votre mur ne constitue pas nécessairement, à lui seul, un empiétement. Il convient notamment de vérifier si la dalle dépasse la limite séparative, pénètre dans votre propriété, prend matériellement appui sur votre mur ou porte atteinte à celui-ci. Les conséquences techniques éventuelles doivent également être examinées, notamment les risques d'infiltration, de remontées d'humidité, de fissuration, de transmission de contraintes ou de dégradation du mur.
Toute fixation réalisée sur un mur privatif sans l'accord de son propriétaire, ainsi que toute occupation matérielle dépassant la limite de propriété, est susceptible de constituer une atteinte au droit de propriété. Lorsqu'un empiétement est matériellement établi, même de faible importance, les juridictions peuvent en ordonner la suppression. Selon la nature des travaux et les circonstances, les mesures susceptibles d'être prononcées peuvent notamment consister dans le retrait des fixations, la dépose des éléments installés, la découpe ou la modification de la dalle, voire la démolition de la partie de l'ouvrage empiétant sur la propriété voisine.
La mesure ordonnée dépendra toutefois de la qualification juridique retenue, de la réalité de l'empiétement ou de l'atteinte alléguée ainsi que des constatations techniques produites. Des dommages et intérêts peuvent également être accordés lorsqu'un préjudice distinct est établi, notamment en cas de dégradation du mur, de perte d'usage, de troubles de jouissance ou de frais rendus nécessaires par les travaux litigieux.
Dans un premier temps, il est recommandé d'adresser à votre voisin une lettre recommandée avec accusé de réception rappelant précisément la nature et les limites de l'autorisation que vous lui aviez accordée. Vous pourrez lui indiquer que vous n'autorisez aucune fixation, modification, incorporation ou prise d'appui supplémentaire sur votre mur qui ne serait pas expressément prévue par votre accord.
Vous pourrez également lui demander de vous communiquer les plans, descriptifs techniques ou documents permettant de déterminer la nature exacte des travaux réalisés ou envisagés, ainsi que les dispositions prises pour préserver l'intégrité et l'étanchéité de votre mur. Si des travaux non autorisés ont déjà été exécutés, vous pourrez solliciter leur arrêt et, selon les constatations effectuées, la remise en état des lieux.
S'agissant de l'accès au chantier, vous ne disposez pas nécessairement d'un droit général d'entrer sur la propriété voisine sans l'accord de son propriétaire. Il est donc préférable de solliciter formellement un accès amiable afin de permettre l'examen des travaux affectant ou susceptibles d'affecter votre mur. En cas de refus, il pourra être envisagé de demander judiciairement une mesure permettant de constater la situation, notamment par l'intervention d'un commissaire de justice ou d'un expert.
Avant toute action, il peut être utile de faire établir un constat par un commissaire de justice, en particulier si les travaux sont en cours ou si certains éléments risquent d'être rapidement recouverts et de ne plus être visibles. L'intervention d'un professionnel du bâtiment ou d'un expert pourra également permettre d'évaluer les conséquences techniques des travaux sur votre mur et de déterminer l'existence éventuelle d'un appui, d'une fixation, d'un empiétement ou d'un risque de dommage.
Si la situation présente un caractère urgent et que les travaux se poursuivent malgré votre opposition, il pourra être envisagé de saisir le juge des référés afin de solliciter les mesures provisoires nécessaires. Selon les circonstances et les éléments de preuve disponibles, il pourra notamment être demandé la suspension des travaux, la réalisation d'un constat ou d'une expertise, la conservation des preuves ou toute mesure destinée à prévenir un dommage imminent ou à faire cesser un trouble manifestement illicite.
La suppression immédiate des ouvrages litigieux ne sera toutefois pas automatique dans le cadre d'une procédure de référé. Elle dépendra notamment du caractère manifeste de l'atteinte, de l'existence éventuelle d'une contestation sérieuse et des pouvoirs du juge saisi.
Enfin, une action au fond pourra, si nécessaire, être engagée afin de faire déterminer définitivement les droits de chacun, d'obtenir la suppression des éléments portant atteinte à votre propriété, la remise en état du mur ou des lieux et, sous réserve de démontrer l'existence d'un préjudice, le versement de dommages et intérêts.
Votre bien dévoué
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Xavier DAUSSE