I. La vérification de ses droits avant la liquidation de la retraite
La première étape consiste à vérifier si les conditions d'âge et de durée d'assurance sont remplies pour obtenir une retraite à taux plein dans le régime de base. Depuis la dernière réforme, l'âge légal de départ varie généralement entre 62 et 64 ans, selon l'année de naissance, avec plusieurs dispositifs de départ anticipé (carrières longues, handicap, incapacité, pénibilité) qui répondent chacun à des critères stricts. L'assuré doit également contrôler le nombre de trimestres validés tous régimes confondus, en s'appuyant sur son relevé de situation individuelle et, le cas échéant, sur une estimation indicative globale adressée par les organismes de retraite.
Il est fortement recommandé de vérifier si toutes les périodes travaillées, y compris à l'étranger ou dans d'autres régimes, apparaissent correctement et, en cas de manque, de fournir les justificatifs nécessaires pour faire rectifier le relevé avant la demande.
Dans certains cas, un rachat de trimestres (années d'études ou années incomplètes) peut être envisagé, sous réserve d'en mesurer le coût et l'intérêt réel par rapport au projet de départ. La situation dans les régimes complémentaires (AGIRC-ARRCO, IRCANTEC) et les éventuels régimes supplémentaires doit également être examinée, car les règles d'âge, de minoration ou de majoration peuvent différer de celles du régime de base.
Un contrôle minutieux de l'âge, des trimestres et des droits dans chaque régime permet de choisir une date de départ cohérente avec ses objectifs et de limiter les risques de contestation ultérieure.
II. L'engagement de la liquidation de la retraite
Une fois ses droits vérifiés, le salarié peut déposer sa demande de retraite, soit par formulaire papier auprès de chaque caisse concernée, soit, de plus en plus souvent, au moyen d'une demande unique en ligne via le portail Info-retraite. La demande adressée à la caisse du régime de base (CNAV, CARSAT, MSA, etc.) fixe en principe le point de départ de la pension au premier jour du mois suivant, sauf si une date ultérieure a été choisie. Il est en général conseillé d'anticiper la démarche plusieurs mois avant la date souhaitée, afin de laisser le temps aux caisses d'instruire le dossier, de demander des justificatifs complémentaires et de corriger d'éventuelles incohérences.
Les retraites complémentaires AGIRC-ARRCO ou IRCANTEC obéissent à des procédures voisines, avec parfois un accompagnement via les CICAS, et peuvent faire l'objet d'échanges spécifiques sur les coefficients de minoration ou les règles particulières applicables.
Pour les régimes supplémentaires (PER d'entreprise ou individuel, contrats d'assurance retraite), il convient de se rapprocher des assureurs ou gestionnaires afin d'examiner les options de liquidation : sortie en capital ou en rente, réversibilité au profit d'un conjoint, annuités garanties, etc.
Dans tous les cas, la décision de liquidation n'entraîne pas automatiquement la rupture du contrat de travail : la fin de la relation de travail doit être organisée séparément, selon les règles du Code du travail, ce qui peut justifier un échange avec l'employeur ou un conseil juridique.
Préparer tôt son dossier, utiliser les outils en ligne et coordonner ses démarches avec chaque régime permettent, en principe, une mise en paiement plus fluide et conforme aux choix de l'assuré.