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Est-ce que mon analyse est juridiquement correcte ?
Sujet initié par Mustapha201420152015.il y a 1 an - 917 vues
Bonjour,
Le 1 septembre 2025, le juge des référés de la cour administrative d'appel a ordonné à la préfecture de réexaminer ma demande de titre de séjour étranger pour soins dans un délai d'un mois
J'ai déposé un référé mesures utiles devant le tribunal administratif le 13 septembre 2025
Le 29 septembre 2025, le tribunal administratif a rejeté ma requête
Je vous montre le passage de la décision du tribunal administratif
« Si le requérant demande, sur le même fondement, la délivrance d'un récépissé avec autorisation de travail, une telle mesure ne constitue pas une mesure utile au sens de l'article L.521-3 du code de justice administrative. »
1️⃣ Insuffisance de motivation a)Formule lapidaire et stéréotypée Le juge écrit seulement : « ne constitue pas une mesure utile ». Problème : il ne dit pas pourquoi → pas d'analyse des faits ni de discussion des textes.
Or, selon L.9 CJA, toute décision doit être motivée en droit et en fait. 👉 C'est une motivation stéréotypée, déjà sanctionnée par le Conseil d'État (CE, 19 oct. 2001, Moya-Caville).
b)Absence de réponse aux moyens opérants Dans mes écritures, j'avais invoqué : 1)L.311-4 CESEDA (obligation de récépissé en cas de réexamen),
2)L.425-9 CESEDA (étranger malade),
3)La jurisprudence CE 2010, CE 2018 et CEDH, Paposhvili 2016 sur l'accès effectif aux soins.
Le juge n'en mentionne aucun. 👉 C'est un défaut de réponse à des moyens de droit opérants → insuffisance de motivation (CE, 12 oct. 2011, M. A.).
2️⃣ Restriction injustifiée des pouvoirs du juge des référés
a)Mauvaise lecture de L.521-3 L'article L.521-3 autorise le juge des référés à ordonner « toutes mesures utiles », tant qu'elles sont provisoires et ne préjugent pas du fond. Un récépissé avec autorisation de travail :
1)Est provisoire,
2)Prévu par la loi (L.311-4 CESEDA),
3)N'équivaut pas à une décision définitive de séjour.
C'est donc typiquement une mesure utile que le juge pouvait ordonner.
b)Jurisprudence confirmant la compétence
CE, ord., 12 janv. 2001, Préfet des Alpes-Maritimes : délivrance d'un récépissé ordonnée en référé.
TA Paris, ord., 23 juill. 2015, n°1512293 : récépissé avec droit au travail = mesure utile.
CE, ord., 19 janv. 2001, Confédération nationale des radios libres : le juge peut imposer des mesures positives. Le juge avait donc le pouvoir, mais il s'en est privé à tort.
c)Erreur de droit caractérisée En affirmant que le récépissé n'était « pas une mesure utile », le TA a restreint son office au-delà de ce que prévoit L.521-3.
C'est une erreur de droit car il a réduit ses pouvoirs alors qu'il pouvait parfaitement ordonner une telle mesure provisoire.
✅ Conclusion Le paragraphe 3 de l'ordonnance est critiquable sur deux plans :
1)Insuffisance de motivation: •Raisonnement stéréotypé (« pas utile » sans explication),
•Pas d'examen des pièces médicales et administratives,
•Pas de réponse aux moyens CE/CESEDA/CEDH.
2)Restriction injustifiée des pouvoirs:
•L.521-3 permettait de délivrer un récépissé,
•La jurisprudence l'admet,
•Le juge a nié sa propre compétence → erreur de droit.
Est-ce que mon analyse est juridiquement correcte ?
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📍 Dans le cadre d'un référé « mesures utiles » (art. L. 521‑3 CJA), le juge administratif ne peut ordonner qu'une mesure provisoire si trois conditions cumulatives sont remplies : • il doit exister une urgence manifeste justifiant une intervention rapide ; • le juge ne peut intervenir que s'il n'est pas manifestement incompétent ; • la mesure ne doit pas faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative ou à l'exercice des pouvoirs de l'administration (elle ne doit donc pas avoir pour effet de substituer le juge à l'autorité compétente).
⚠️ En pratique, obtenir un récépissé par voie de référé est délicat : le juge considère souvent que la délivrance d'un récépissé relève des pouvoirs du préfet et qu'il ne peut pas lui imposer d'instruire un dossier dans un certain sens. Pour que la mesure soit considérée comme « utile », il faut notamment démontrer l'urgence (par exemple, risque de perte d'emploi ou d'expulsion) et l'absence de décision de rejet, et que la demande ne vise pas à anticiper sur l'appréciation de la préfecture.
🧳 Si un jugement de référé vous refuse le récépissé au motif que la demande ne remplit pas ces conditions, le recours est limité : • vous pouvez, dans un délai très court (généralement 15 jours), former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État avec l'aide d'un avocat au Conseil ; • dans le même temps, vous pouvez poursuivre la procédure au fond ou déposer un nouveau recours contre la décision implicite de rejet, en produisant des éléments nouveaux montrant l'urgence et l'utilité de la mesure.
✅ Votre analyse peut être partiellement justifiée, mais il est important de rappeler que le juge du référé apprécie souverainement l'urgence et l'utilité de la mesure. Si le préfet a déjà refusé explicitement votre demande de titre ou de récépissé, le juge ne peut pas en suspendre l'exécution par ce biais. Je vous recommande de consulter un confrère spécialisé pour examiner les voies de recours pertinentes.
Merci de confirmer que la question a été résolue en cliquant sur le BOUTON VERT svp. Bon courage ! Cordialement, Me KAYEMBE Avocat au Barreau de Paris
il y a 8 mois
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