Bonjour @Baba Blue,
Au vu des éléments que vous exposez avec précision, votre situation présente plusieurs irrégularités graves susceptibles d'engager la responsabilité de l'entreprise et de l'agence d'intérim à des titres distincts. Il convient de les examiner méthodiquement.
Sur l'absence de contrat lors de la première semaine de travail
Le fait d'avoir travaillé du 7 au 11 avril sans aucun contrat de travail constitue une irrégularité substantielle. En droit français, le contrat de travail à durée déterminée et le contrat de mission d'intérim doivent être établis par écrit et transmis au salarié dans un délai de deux jours ouvrables suivant sa mise à disposition. La remise du contrat d'intérim le 13 avril, soit postérieurement à la fin de la mission, excède manifestement ce délai légal et expose l'agence d'intérim à une requalification de la relation de travail en contrat à durée indéterminée, que vous seriez en droit de solliciter devant le conseil de prud'hommes.
Par ailleurs, la justification avancée par la directrice tenant à un prétendu blocage en préfecture est inopérante au regard de votre situation. En votre qualité de réfugié titulaire d'un titre de séjour valable jusqu'en 2039 portant la mention toute profession, aucune autorisation de travail préalable n'était requise, et l'employeur ne pouvait légalement ignorer cette réalité.
Sur la discordance entre le poste stipulé et les fonctions réellement exercées
Le contrat d'intérim mentionnait un poste de remplacement en rayon volaille, tandis que vous avez été affecté au rayon liquide avec manipulation de transpalettes électriques et port de charges lourdes. Cette discordance entre le poste contractuellement prévu et les fonctions effectivement exercées constitue une irrégularité susceptible d'engager la responsabilité tant de l'entreprise utilisatrice que de l'agence d'intérim. En outre, l'absence de formation à la sécurité pour l'utilisation de transpalettes électriques constitue un manquement grave à l'obligation de sécurité qui pèse sur l'employeur en vertu des articles L4121-1 et suivants du Code du travail.
Sur l'absence de fourniture des équipements de protection individuelle
L'absence de chaussures de sécurité, alors que leur port était obligatoire, constitue un manquement à l'obligation légale de l'employeur de fournir gratuitement les équipements de protection individuelle nécessaires à la sécurité des salariés. Le fait que vous ayez dû acquérir vous-même ces équipements à vos frais est susceptible de fonder une demande de remboursement, et plus largement de corroborer le manquement à l'obligation de sécurité de l'employeur.
Sur les motifs invoqués pour justifier la non-reconduction
Les motifs de manque de dynamisme, de rythme lent et d'altercation avec la directrice que vous décrivez méritent d'être examinés avec précision. Si l'altercation en question se résume à votre demande légitime de recevoir votre contrat de travail, ce que vous affirmez et qui est vraisemblable au regard de la chronologie que vous exposez, ce motif serait constitutif d'une mesure de rétorsion liée à l'exercice d'un droit, ce qui est juridiquement condamnable. Il convient toutefois de souligner que la non-reconduction à l'issue d'un CDD ou d'une mission d'intérim n'est pas en elle-même fautive, l'employeur n'étant pas tenu de renouveler le contrat. C'est la combinaison des irrégularités décrites qui fonde votre dossier.
Point de vigilance
Je serais particulièrement attentif à la conservation de l'ensemble des preuves disponibles, notamment le contrat d'intérim reçu le 13 avril, tout échange écrit avec la direction ou l'agence d'intérim, les justificatifs d'achat des chaussures de sécurité, et tout élément attestant de vos fonctions réelles. Ces pièces seront déterminantes dans toute procédure contentieuse.
La stratégie la plus sérieuse me paraît donc être la suivante : rassembler sans délai l'ensemble des preuves disponibles, consulter un avocat spécialisé en droit du travail ou saisir le conseil de prud'hommes compétent afin d'évaluer les fondements d'une action en requalification du contrat et en réparation des préjudices subis, et signaler le cas échéant les manquements à la sécurité à l'inspection du travail territorialement compétente.
Si cette réponse vous a été utile, je vous remercie de bien vouloir indiquer la question comme résolue et de sélectionner précisément la meilleure réponse, c'est-à-dire en cliquant sous la réponse qui vous a été la plus utile, afin d'attribuer cette réponse à l'avocat qui vous a le plus aidé.
Cela permet de valoriser le travail juridique fourni et d'aider d'autres personnes confrontées à une difficulté similaire.
Selon ce qui vous sera utile et nécessaire, vous pouvez également prendre attache avec un cabinet spécialisé afin d'approfondir ce dossier ensemble.
Bien à vous,
La présente réponse constitue un avis juridique général, émis sous toutes réserves, au regard des seuls éléments exposés. Elle ne saurait se substituer à une consultation juridique personnalisée.
Pour toute démarche engageant vos droits, il convient de consulter un avocat, seul à même de procéder à une étude complète et sur pièces de votre dossier et de vous fournir une réponse adaptée.
il y a 8 heures
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