Inaptitude au travail
Je suis en arrêt de travail depuis le 25 mai 2026. Mon arrêt a été prolongé par mon médecin traitant jusqu'au 11 décembre 2026. La Cpam par le biais d'un courrier m'a signalé que mon arrêt de travail n'est plus médicalement justifié à compter du 29/10/2026. J'ai eu un échange téléphonique avec une personne de la Cpam cette semaine, un entretien pour décrire pourquoi je suis en arrêt, si j'allais reprendre, comment se déroule mes journées... J'ai bien compris que la situtation ne pouvait pas perdurer et que c'était à la médecine du travail de prendre ses responsabilités, et de prononcer ou non une inaptitude.
Je vais essayer de décrire mes problèmes de santé physiques et mentaux depuis plusieurs années :
- lors d'un arrêt maladie en 2022 (trouble dépressif et grosse fatigue) accident neurovasculaire (avc), pose d'un holter sous cutané l'année suivante avec la découverte d'une fibrillation atriale. Suivi par un cardiologue et une neurologue, traitement anticoagulant et passage en ALD.
- discopathie débutante à la suite d'une radiographie, conséquence de douleurs chroniques à la nuque et de plusieurs torticolis à répétition.
- migraine avec aura visuel qui se déclare exclusivement lors de mon temps de travail.
- syndrome anxio dépressif avec des troubles du sommeil, irritabilité, pensées négatives et envahissantes... Arrêt 9 semaines l'année dernière (cachets anti dépresseurs) et donc depuis fin mai pour ces raisons. J'ai refusé de prendre de nouveau des cachets car lorsque j'ai arrêté l'année dernière je me suis senti très mal pendant plusieurs semaines.
- problème d'ordre personnel avec une proche (mère) atteinte de son 3ème cancer.
Le 2 avril 2026, j'ai rédigé un courrier à mon employeur pour lui indiquer que je souhaiterais un poste administratif avec des horaires de journée, car mes problèmes physiques et mentaux décrits précédemment ne permettaient plus de poursuivre sereinement cette carrière professionnelle. Une demande que j'ai faite plusieurs fois lors de divers entretiens avec ma hiérarchie ayant un BTS. Le 3 avril 2026, j'ai eu une altercation avec le superviseur qui m'a demandé de faire une tâche que nous faisons plus depuis plusieurs années, tâche que j'ai indiqué ne pas faire et que je ne ferai pas dans le futur. 20 minutes après convocation avec le superviseur et le directeur de production qui s'est très mal déroulé, exprimant mon désaccord profond avec ce qui se passe dans l'atelier avec une tolérance pour ceux qui travaillent comme des cochons, un management autoritaire et infantilisant, le copinage, l'injustice des augmentations, des promotions... bref un véritable ras le bol sur ce que je constate depuis des années et qui a un impact sur ma santé mentale. Je dois préciser que durant cette même semaine, j'ai eu mon entretien individuel avec ce même superviseur, qui indiquait noir sur blanc que j'exercais un travail de qualité, que j'étais une personne consciencieuse, minutieuse...
J'ai été reçu par le directeur et la RH pour m'expliquer, je n'ai pas chercher à me défendre et assumant le fait que je persiste à ne pas faire la la tâche que je refuse de faire et qui n'a pas le moindre impact sur la production ou sa qualité. J'ai eu une mise à pied disciplinaire de 3 jours pour insubordination manifeste, manque de respect et propos dénigrants. J'assume totalement les propos que j'ai tenu puisqu'il ne décrive que la réalité factuelle de ce qui se déroule dans cette entreprise. La réponse à ma lettre du 2 avril a été rédigé sur ma lettre de sanction disciplinaire (très élégant!), m'indiquant qu'il n'y avait aucun poste pour ma demande.
J'ai été reçu le 1er juin 2026 à la médecine du travail, pour lui décrire ma situation et mes problèmes de santé. Il a déjà tout mon dossier avec radiographie, irm, compte rendu du cardiologue, neurologue, médecin traitant, passage en Ald... Ma question était simple, suis je encore apte à exercer un travail dans cette entreprise? Réticent à prononcer l'inaptitude, il m'a orienté vers une psychologue partenaire pour 2 séances, ce que j'ai fais sans attendre. Celle-ci m'a indiqué que je n'avais pas eu le bon docteur pour l'inaptitude selon les échos qu'elle avait de lui. En parallèle, je vois une autre psychologue dans le cadre de mon parcours psy. Celle-ci m'a indiqué qu'elle avait plusieurs patients qui viennent de cette entreprise, je la cite "on les connaît les entreprises merdiques du secteur." De surcroit beaucoup de personnes démissionnent de cette entreprise, ou sont en arrêt maladie du fait du management pour des périodes plus ou moins importantes.
A ma demande j'ai eu un nouveau rdv à la médecine du travail début octobre, lui signifiant que mon arrêt maladie se terminait en fin de semaine, qu'en aucun cas je ne me voyais continuer dans cette entreprise, et que j'apportais de nouveaux élèments. Je suis venu en effet avec un courrier du médecin traitant et de ma neurologue qui explicitement indique :
Neurologue : - Mr présente des antécédents d'accident neurovasculaire sur une fibrilation atriale nécessitant un travail à horaires réguliers et adapté sans stress.
- Mr présente également des problèmes de cervicales avec cervicalgies et névralgies contre indiquant les mouvements répétitifs, les postures prolongées.
- syndrome anxieux majeur ayant des conséquences significatives sur sa santé.
Médecin traitant : - Avc sans séquelle avec découverte de fibrilation auriculaire
- Syndrome anxio-depressif sévère depuis plusieurs années avec cause secondaire retrouvée liée à son travail.
- Cervicalgie sans NCB évoluant avec son poste de travail.
Je suis reparti sans la moindre réponse, l'impression de revivre le même entretien que le 1er juin sans qu'il prenne conscience de ce qui se passe dans la tête d'une personne qui a des idées noires et une détresse profonde. Pas de courrier, ni même de recommandations, aucun dialogue avec les personnes qui me suivent. Mon médecin traitant m'a donc prolongé jusqu'au 11 décembre 2026.
D'ou mes interrogations sur la suite :
- Faut il contester la décision de la CPAM, comme cela est mentionné dans les 2 mois? Dans ce cas comment faire? Aller revoir mon médecin traitant pour qu'il me refasse un arrêt maladie avant ce jeudi 29 octobre 2026? Dois je contacter mon employeur pour lui indiquer que je conteste la décision et que je ne reprendrai pas le travail le 29 octobre 2026? N'y a t'il pas un risque d'abandon de poste et par conséquent me retrouver sans aucune ressource financière. Je précise que l'employeur refuse les ruptures conventionnelles, je n'ai même pas à chercher à en faire la demande car je sais pertinemment qu'ils ne me l'accorderont pas.
- Pour une durée aussi importante, qui doit reprendre contact avec la médecine du travail, moi, l'employeur, la médecine du travail, pour la visite de reprise? Suis je en mesure de demander un autre personne exercant à la médecine du travail?
- Par rapport à ce que j'ai décris précédemment sur mes problèmes physiques et mentaux (dépressions, burn out, avc avec un passage en ald, discopathie, migraine avec aura visuel) et le dossier que je me suis constitué avec l'avis explicite de professionnels de santé (médecin traitant et neurologue), comment est ce possible que je ne suis pas reconnu inapte!?
- si le docteur de la médecine du travail s'oriente vers une aptitude à la reprise du travail, je dois pourvoir contester dans les 15 jours aux prud'hommes. Avec le dossier que je présenterai quelle est la probabilité que je puisse être reconnu comme apte à continuer? Et si ils se prononcent dans le même sens que le docteur, je n'aurai plus de recours et si j'ai bien compris je devrai payer les frais d'honoraires de l'avocat de l'employeur, frais d'expertise... Cela serait une profonde injustice que je ne supporterais pas par rapport à ce que je vis depuis plusieurs années.
J'ai décidé d'arrêter de me détruire la santé, surtout mentale actuellement, quand on pense réellement au suicide en se couchant ou la nuit lorsqu'on se réveille et qu'on envisage des scénarios, il faut dire stop et préserver sa santé et celle de ses proches. Comment peut on pousser un salarié à remettre les pieds dans une entreprise qui a une détérioriation significative sur son état mentale et physique depuis qu'il y travaille. J'aimerais juste tourner la page de cette très mauvaise période sans aller jusqu'à contester devant les prud'hommes. Simplement la reconnaissance que je ne suis plus en capacité de travailler dans cette entreprise.
Merci d'avance d'avoir lu attentivement mon problème et pour vos réponses éventuelles.
Bien cordialement.