Bonjour,
-1. Le droit
Pendant un arrêt de travail pour maladie, le contrat de travail n'est pas rompu mais simplement suspendu.
Le salarié continue donc à bénéficier de certains droits, notamment en matière de maintien de salaire, sous réserve des conditions prévues par la loi et par la convention collective applicable.
En l'espèce, la convention collective Syntec prévoit un maintien de salaire complémentaire lorsque le salarié justifie de l'ancienneté requise et transmet son arrêt de travail à son employeur dans le délai de 48 heures.
Vous indiquez avoir respecté cette obligation.
Le maintien de salaire légal est, en principe, lié à la prise en charge de l'arrêt par la Sécurité sociale. Toutefois, le refus de versement des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS), notamment en raison d'une transmission tardive à la caisse, ne dispense pas automatiquement l'employeur de son obligation de maintien de salaire.
En effet, l'employeur ne peut réduire ou supprimer ce maintien que si les textes applicables prévoient expressément que son obligation est subordonnée au versement effectif des IJSS.
Il convient donc d'examiner avec précision les dispositions de la convention collective Syntec, ainsi que, le cas échéant, celles d'un accord d'entreprise.
En l'absence d'une clause conditionnant explicitement le maintien de salaire au remboursement des IJSS par la Sécurité sociale, l'employeur ne peut pas, en principe, supprimer intégralement le complément de salaire correspondant à la période concernée.
-2. Les solutions
Au regard des éléments communiqués, plusieurs démarches peuvent être entreprises afin de faire valoir vos droits.
Dans un premier temps, il est conseillé de demander à votre employeur les fondements juridiques précis ayant justifié la suppression du maintien de salaire pendant les dix jours litigieux.
Cette demande peut être effectuée par courrier recommandé avec accusé de réception ou par tout autre moyen permettant d'en conserver une preuve.
Il est également opportun de solliciter la communication de la disposition de la convention collective Syntec ou de l'accord d'entreprise sur laquelle l'employeur s'appuie pour refuser le versement du complément de salaire. Si aucune disposition ne prévoit que ce maintien est subordonné au versement effectif des indemnités journalières de la Sécurité sociale, vous pourrez légitimement contester cette retenue.
Dans votre courrier, vous pourrez rappeler que vous avez respecté votre obligation de transmettre votre arrêt de travail à l'employeur dans les délais, que la sanction appliquée par la Sécurité sociale ne saurait automatiquement produire des effets sur les obligations contractuelles de votre employeur et que celui-ci ne peut se soustraire à son obligation de maintien de salaire sans fondement conventionnel ou légal explicite.
Si cette démarche amiable n'aboutit pas, vous pourrez adresser une mise en demeure à votre employeur de procéder au règlement des sommes restant dues dans un délai raisonnable. Cette étape permet souvent de formaliser le différend avant toute procédure contentieuse.
En cas de refus persistant, vous aurez la possibilité de saisir le conseil de prud'hommes afin de solliciter le paiement du complément de salaire indûment retenu, ainsi que, le cas échéant, les intérêts de retard et toute indemnisation justifiée par le préjudice subi. Le juge vérifiera notamment les dispositions applicables de la convention collective Syntec, les obligations respectives des parties et la légalité de la retenue opérée par l'employeur.
Enfin, il est recommandé de conserver l'ensemble des pièces utiles (arrêt de travail, justificatifs de transmission, bulletins de salaire, échanges avec l'employeur et notification de refus des IJSS par la Sécurité sociale), ces documents constituant des éléments de preuve essentiels en cas de contestation.
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Votre bien dévoué.
Xavier Dausse
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