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Majoration de retard s'applique-t-elle aux retenues contestées puis abandonnées?
Sujet initié par Altboiteil y a 3 mois - 1462 vues
Bonjour à tous,
Je cherche des avis / jurisprudences sur un point précis de l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989 (majoration de 10 % par mois de retard sur le dépôt de garantie).
Contexte :
Départ du logement avec restitution des clés le 10/12/2025 ; délai légal de 2 mois expirant donc le 10/02/2026. Dépôt de garantie initial : 2500 €. Dernier loyer principal (hors charges) : 1 400 €. 08/02/2026 : les propriétaires restituent 1000 € (deux jours avant l'expiration du délai légal), en conservant le reste au titre de diverses retenues contestées. 05/04/2026 : suite à ma première lettre de contestation, ils reconnaissent que deux retenues à hauteur de 200€ étaient injustifiées. 02/06/2026 : suite à ma seconde lettre de contestation, ils reconnaissent deux autres retenues injustifiées à hauteur de 70€ et nous envoient un chèque avec le montant de 270€.
Je réclame donc la majoration de 10 % du loyer principal par mois commencé, sur les sommes versées tardivement (avril et juin), soit une majoration d'au moins 280€ (calcul pour la tranche d'avril ; potentiellement davantage pour la tranche de juin selon le mode de calcul).
Position des propriétaires (qui refusent tout paiement de majoration) :
« La pénalité de retard de 10 % ne s'applique que lorsque le bailleur n'a pas restitué la part non contestée du dépôt de garantie dans le délai légal, ce qui n'est en aucun cas notre situation, le chèque de restitution vous ayant été transmis en date du 08 février 2026. » « Cette pénalité ne s'applique que lorsque le bailleur n'a pas restitué la part non contestée du dépôt de garantie dans le délai légal, et donc ne concerne pas les retenues que vous avez contestées par la suite. »
Autrement dit, ils soutiennent que le paiement partiel dans les délais les exonère de toute majoration, et que la majoration ne pourrait de toute façon porter que sur la « part non contestée », jamais sur des sommes qui ont fait l'objet d'une contestation puis d'un abandon ultérieur par le bailleur.
Mes questions :
La majoration de l'article 22 porte-t-elle sur l'ensemble du solde finalement dû au locataire (y compris les retenues initialement contestées par le bailleur puis reconnues injustifiées), ou existe-t-il réellement une distinction juridique entre « part contestée » et « part non contestée » qui exclurait ces sommes du champ de la majoration ? Le versement d'une partie du dépôt dans le délai légal exonère-t-il le bailleur de toute majoration sur le solde, ou la majoration continue-t-elle à courir sur le seul reliquat non versé ?
Plus simplement, les pénalités de 10% s'appliquent-elles dans mon cas ? Et à quelle hauteur ?
Je n'ai trouvé aucune décision qui tranche frontalement la question du versement échelonné avec abandon progressif de retenues contestées. Si quelqu'un a une référence de jurisprudence (Cass. ou cour d'appel) directement sur ce point, ou une expérience personnelle similaire, je suis preneur !
L'article 22 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit qu'à défaut de restitution dans le délai légal, le dépôt de garantie restant dû est majoré d'une somme égale à 10 % du loyer mensuel en principal pour chaque période mensuelle commencée en retard. L'assiette de cette pénalité est le loyer mensuel, et non le montant du reliquat, la majoration courant tant que les sommes dues ne sont pas intégralement restituées.
La distinction entre part contestée et part non contestée que vous oppose le bailleur n'a pas de fondement légal. Seules échappent à la restitution les retenues dûment justifiées, la charge de cette justification pesant sur le bailleur. Les sommes qu'il a d'abord retenues puis reconnues injustifiées constituaient un dépôt restant dû, qui aurait dû être restitué dans le délai. Leur versement tardif ouvre donc droit à la majoration.
Le paiement partiel intervenu dans le délai ne vous prive pas de la pénalité sur le reliquat. Celle-ci court à compter de l'expiration du délai de deux mois jusqu'à la restitution effective des sommes reconnues dues, à raison de 10 % du loyer principal par mois commencé. Les juridictions du fond retiennent régulièrement cette majoration en cas de restitution tardive du solde.
À défaut d'accord amiable, la commission départementale de conciliation puis le juge des contentieux de la protection peuvent être saisis.
Merci de renseigner la rubrique question résolue.
Cordialement,
Les présentes observations constituent un avis juridique général, formulé sous toutes réserves et au seul vu des éléments portés à notre connaissance. Elles ne sauraient tenir lieu de consultation personnalisée. Avant toute démarche susceptible d'affecter vos droits, nous vous recommandons de vous rapprocher d'un avocat, qui pourra examiner votre dossier sur pièces et vous délivrer une analyse adaptée à votre situation.
il y a 3 mois
Altboite
Bonjour,
Merci de votre réponse très éclairante.
J'aurais une dernière question concernant la portée juridique de la formulation employée par les propriétaires.
Ils écrivent :
« Le montant est complété par un règlement complémentaire d'un montant de 270 €, correspondant à notre prise en charge de certaines dégradations ne relevant néanmoins pas d'une usure normale et ce dans un objectif de conciliation, ainsi que de la rectification concernant la retenue pour les joints de baignoire. »
Sur ces 270 €, 120 € sont présentés comme accordés « dans un objectif de conciliation » et 150 € correspondent à une « rectification » d'une retenue, ces deux sommes m'ayant été restituées avec plus de deux mois de retard.
Ma question est la suivante :
Le fait que les propriétaires présentent le remboursement de 120 € comme une mesure de « conciliation », plutôt que comme la reconnaissance d'une retenue injustifiée, a-t-il une incidence juridique au regard de l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989 ?
Autrement dit, cette formulation est-elle susceptible d'empêcher que cette somme soit considérée comme ayant été retenue à tort pour apprécier l'application de la majoration de 10 % prévue par cet article ?
Bien cordialement
il y a 3 mois
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