Contrat de sous-traitance — présentation de mon statut au client, délais de paie
Je sollicite votre avis sur un contrat de sous-traitance informatique en cours d'exécution, qui soulève plusieurs difficultés.
## Ma situation
J'exerce en entreprise individuelle (micro-BNC, conseil en systèmes informatiques, code APE 6202A), en franchise en base de TVA jusqu'au 31 décembre 2026.
J'interviens depuis le 1er septembre 2026 comme sous-traitant d'une ESN (SARL, 89 salariés), sur une mission de sécurisation informatique pour un client public — une juridiction. La mission est contractualisée jusqu'au 31 décembre 2026, pour 86 jours à 620 € HT, soit 53 320 € HT. Il n'y a pas de tacite reconduction.
La mission transite par une plateforme de mise en relation, sur laquelle je saisis mon compte rendu d'activité et où le client valide la prestation.
## Première question : la présentation de mon statut au client
Il m'a été demandé verbalement, avant le démarrage de la mission, de me présenter auprès du client final comme **salarié en CDI de l'ESN**, alors que je suis sous-traitant indépendant.
Je n'ai pas de trace écrite de cette instruction.
Mon contrat me qualifie pourtant expressément de « Sous-Traitant », et son article 17.3 stipule que je ne saurais être considéré comme salarié ou agent de l'ESN, mais comme prestataire indépendant.
**Mes questions :**
1. Quelle est mon exposition personnelle, sachant que je n'ai fait que relayer une instruction dont je n'ai pas de trace ?
2. Mon contrat suffit-il à établir mon statut réel et à me couvrir ?
3. Ce montage est-il susceptible de relever du prêt de main-d'œuvre illicite ou du marchandage (articles L8231-1 et L8241-1 du Code du travail) ?
4. Si le marché public exigeait que les intervenants soient salariés du titulaire, quelles seraient les conséquences, et pour qui ?
5. Dois-je régulariser ma position auprès du client, et si oui, comment ?
## Deuxième question : les délais de paiement
Les conditions particulières prévoient un règlement à **« 45 jours fin de mois, le 10 »**.
Appliqué à ma facture du 2 octobre 2026, l'ESN annonce un paiement au **10 décembre 2026**, soit 69 jours après l'émission. Leurs services m'ont confirmé par écrit que les 45 jours courent à compter de la date de facturation.
Le calendrier qu'ils m'ont adressé par écrit prévoit, pour les factures suivantes : octobre payée le 10/01/2027, novembre le 10/02/2027, décembre le 10/03/2027.
**Mes questions :**
1. L'ajout d'une date fixe de règlement (« le 10 ») après un délai déjà calé sur le plafond légal est-il conforme à l'article L441-10 du Code de commerce ?
2. Quelle méthode de décompte s'applique, et quelle est l'échéance légale pour une facture du 2 octobre ?
3. Si la clause est non conforme, quelle est la voie la plus efficace : mise en demeure, saisine de la DGCCRF, action en répétition ?
4. Puis-je prétendre aux pénalités de retard et à l'indemnité forfaitaire de 40 € ?
**Éléments de contexte :**
- Avant la signature, le dirigeant m'avait indiqué rester sur 45 jours « avec une possibilité de réduire à 30 une fois que vous aurez reçu le contrat du client ». J'en ai une trace écrite (SMS du 27 juillet 2026 adressé à une salariée de l'ESN, non contredit).
- Ce délai m'avait été justifié par les conditions imposées par le client final. Or j'ai constaté que le règlement de la prestation de septembre a été émis dès le 2 octobre et encaissé par le factor de l'ESN.
- J'ai sollicité le dirigeant par écrit le 13 octobre : sans réponse à ce jour.
- L'assistante ADV m'a écrit le 19 octobre qu'elle se renseignait sur un passage à 30 jours et qu'un nouveau bon de commande pourrait être émis.
## Troisième question : factures irrégulières émises à mon nom
La plateforme a généré automatiquement des factures portant **mon nom et mon SIRET**, alors que la facturation relève contractuellement de l'ESN.
Deux versions successives :
1. Une première facture à mon nom, dont le règlement a été émis sur le compte du **factor de l'ESN** — l'ESN l'a reconnu par écrit le 9 octobre.
2. Une seconde facture portant mon nom et mon SIRET, mais **le numéro de TVA intracommunautaire de l'ESN** et une TVA à 20 %, alors que je relève de la franchise en base (article 293 B du CGI).
**Mes questions :**
1. Ces documents m'exposent-ils au titre de l'article 283-3 du CGI (TVA due du seul fait de sa facturation) ?
2. Une facture émise à mon nom dont le règlement part au factor d'un tiers crée-t-elle une créance à mon égard, et le factor peut-il s'en prévaloir ?
3. J'ai demandé l'annulation de ces documents par écrit. Quelles autres précautions dois-je prendre ?
4. Ai-je un recours contre la plateforme ou contre l'ESN pour l'émission de documents fiscaux irréguliers à mon nom ?
## Quatrième question : les clauses du contrat
Je souhaiterais également votre avis sur trois stipulations :
- **Responsabilité illimitée** : je m'engage à indemniser « intégralement » l'ESN de toutes conséquences financières d'une réclamation, sans aucun plafond, sur une mission de cybersécurité.
- **Paiement conditionnel** : mon règlement est suspendu « jusqu'au règlement du client final » en cas de retard de celui-ci, sans intérêts à mon profit ni limite de durée.
- **Non-concurrence** : interdiction de travailler pour le client final, directement ou indirectement, pendant la durée du contrat augmentée de 24 mois, sans contrepartie.
Ces clauses sont-elles opposables, ou relèvent-elles du déséquilibre significatif au sens de l'article L442-1 du Code de commerce ?
## Ce que je recherche
Un avis sur la solidité de ma position et la stratégie la plus efficace, sachant que le contrat prend fin le 31 décembre 2026 sans reconduction automatique.
Mes priorités, dans cet ordre :
1. Sécuriser ma position personnelle sur la question du statut présenté au client ;
2. Être payé de l'intégralité de mes prestations;
3. Obtenir, la mise en conformité du délai de règlement.
Je peux vous transmettre : le contrat et ses conditions particulières, le bon de commande, les deux factures litigieuses, la preuve de virement, et l'intégralité des échanges écrits.
Cordialement,
Hermann