Bonjour,
1. Le droit
En droit du travail, un salarié ne peut jamais être licencié en raison de son état de santé.
En revanche, lorsqu'un salarié est absent pour maladie pendant une période importante ou de façon répétée, l'employeur peut, dans certains cas, prononcer un licenciement non pas à cause de la maladie elle-même, mais parce que ces absences perturbent gravement le fonctionnement de l'entreprise.
Cette possibilité est toutefois strictement encadrée par la jurisprudence. L'employeur doit démontrer deux éléments cumulatifs :
d'une part, que les absences entraînent une désorganisation réelle du fonctionnement de l'entreprise, et non pas seulement des difficultés limitées à un service ou à une équipe ;
d'autre part, que cette désorganisation rend indispensable le remplacement définitif du salarié par un recrutement en contrat à durée indéterminée, les solutions temporaires (intérim, CDD, réorganisation interne ou répartition des tâches) ne permettant plus d'assurer durablement l'activité.
La charge de cette preuve appartient entièrement à l'employeur.
Dans votre situation, plusieurs éléments semblent au contraire fragiliser le motif d'un éventuel licenciement.
Le procès-verbal du CSE indiquant qu'aucun licenciement n'est envisagé dans le secteur logistique, la politique de recrutement de l'entreprise, l'augmentation des effectifs ainsi que le recours habituel à des salariés intérimaires pour occuper votre poste sont autant d'indices pouvant démontrer que l'entreprise disposait de solutions d'organisation et qu'aucun remplacement définitif n'était réellement indispensable.
Par ailleurs, le fait que cette même entreprise ait déjà été condamnée par la Cour de cassation dans une affaire comparable peut constituer un élément intéressant à verser au débat.
Même si chaque dossier est apprécié individuellement, cette décision peut illustrer une pratique déjà sanctionnée par les juridictions.
Si le conseil de prud'hommes estime que l'employeur ne rapporte pas la preuve de la désorganisation de l'entreprise et de la nécessité d'un remplacement définitif, le licenciement pourra être jugé sans cause réelle et sérieuse, ouvrant droit à une indemnisation.
2. Les solutions
Au vu des éléments que vous évoquez, vous semblez disposer d'arguments sérieux pour contester votre licenciement si celui-ci est effectivement prononcé.
Je vous conseille de conserver soigneusement toutes les pièces susceptibles d'étayer votre dossier : le procès-verbal du CSE, les documents relatifs aux recrutements de l'entreprise, les annonces d'embauche, les éléments montrant le recours habituel à des intérimaires sur votre poste, ainsi que toute information démontrant que l'activité de l'entreprise s'est poursuivie normalement malgré votre absence.
Si vous engagez une procédure devant le conseil de prud'hommes, votre avocat pourra demander à l'employeur de produire les éléments justifiant la désorganisation invoquée : organigrammes, contrats de recrutement, justificatifs du remplacement définitif, évolution des effectifs ou tout document démontrant que votre absence rendait réellement impossible le fonctionnement normal de l'entreprise.
Il sera également utile de produire la décision de justice ayant déjà condamné cette entreprise dans une affaire similaire.
Sans garantir l'issue du litige, cette décision pourra nourrir votre argumentation et montrer que les juridictions ont déjà examiné de manière critique ce type de motivation.
Enfin, n'hésitez pas à vous faire accompagner par un avocat, un défenseur syndical ou une organisation syndicale.
Ils pourront analyser précisément votre dossier, évaluer les chances de succès d'une contestation et chiffrer les indemnités susceptibles d'être demandées si le licenciement est reconnu injustifié.
Au regard des éléments que vous exposez, le motif de licenciement apparaît effectivement susceptible d'être discuté devant le juge.
Une préparation rigoureuse du dossier et la production des preuves dont vous disposez seront essentielles pour faire valoir vos droits.
Votre bien dévoué,
Xavier DAUSSE
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Merci pour votre réponse, je vais attendre que le licenciement soit officiel mais je doute qu'ils convoquent des personnes en entretien préalable au licenciement pour rien.
J'étais assisté d'un délégué syndical, je lui ai envoyé l'arrêt de la cour de cassation il n'a pas spécialement réagi, lors du rendez-vous il a émis la possibilité d'être provisoirement sur un poste sans port de charges, son conseil principal a été "reprends rendez-vous avec la médecine du travail, si elle ne change pas son avis tu reviens travailler quelques jours en mi-temps et tu retournes voir ton médecin si ça ne va pas, ça montrera ta bonne foi et ça annulera la procédure de licenciement en cours".
J'ai un dossier mdph en cours depuis le 15 juin et je pense qu'il voulait jouer sur ça pour une meilleure protection mais les délais de réponse sont de 6 mois, j'avais informé la médecine du travail qu'un dossier était en cours, et j'ai informé lors de l'entretien que le dossier a été envoyé.
Idéalement j'aimerais qu'ils se rendent compte de la fragilité du dossier et que soit ils attendent que j'aille mieux soit ils me proposent une rupture conventionnelle pour ne pas que j'aille aux prud'hommes. Je suppose qu'ils savent qu'avec la désorganisation de l'entreprise ils sont sur un terrain glissant, étant dans un grand groupe avec un intitulé de contrat générique d'employé logistique.
Quelles sont les chances qu'ils se rendent compte eux-mêmes que le dossier de désorganisation de l'entreprise est compliqué et qu'il vaudrait mieux une rupture conventionnelle ? Merci
il y a 12 heures
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