Rupture période d'essai après mission de nuit illégale et promesse de salaire no
Je me permets de solliciter vos avis juridiques sur ma situation. J'occupe un poste de bureau (35h, horaires de jour). Après 2 mois de présence (période d'essai de 4 mois), mon employeur vient de rompre ma période d'essai de manière brutale avec 2 semaines de préavis (dispensé d'activité mais payé).
A la base je m'en serai tenu à la fin de période d'essai à leur décision, car dans les faits je suis conscient qu'ils n'ont pas besoin de motif pour le faire. Et je ne veux pas avoir l'air de m'acharner par colère après la perte de l'emploi. Mais ils m'ont coupé l'herbe sous le pied, et si je pensais que c'était légitime je ne dirais rien. Mais leur comportement pendant mes 2 mois chez eux, le fait que mon travail a toujours été fait à 120%, même plus que nécessaire, et que ça soit juste une situation cliché avec ma manager qui a décidé qu'elle ne m'aimait pas et du coup faisait ressortir mes quelques petites erreurs décuplées (qui plus est, au bout de 2 mois de travail rien de surprenant à faire quelques erreurs), s'en moquait auprès des collaborateurs, est partie en congés 2 semaines, et le jour de son retour alors que tout allait bien et que j'avais énormément travaillé, je suis viré... Plus le mail dont je parle plus bas, tout cela m'a finalement motivé à ne pas me laisser faire.
Plusieurs gros manquements se sont accumulés et je souhaite savoir ce que je peux réclamer sur mon solde de tout compte (ou en référé) :
1. Mission de nuit et violation du repos quotidien
Les faits : J'ai fini ma journée à 17h30. Mon employeur m'a demandé de partir le lendemain à 2h45 du matin pour convoyer une voiture achetée pour l'entreprise sur un autre site à 3h de route (6h de route aller-retour). Récupérer un intérimaire sur l'autre site, l'emmener à son logement, récupérer mon coordinateur sur place et rentrer ensuite au bureau. À mon retour, la RH m'a fait travailler au bureau jusqu'à 12h30 avant de me donner mon après-midi.
Problèmes : Mon repos quotidien n'a été que de 9h15 (au lieu de 11h obligatoires). De plus, j'ai enchaîné 9h45 de travail effectif d'affilée sans la pause légale de 20 min toutes les 6h, ni l'heure de pause de midi normalement consacrée au repas, qui aurait dû être prise en décalant dans la matinée. Sur la route, je n'ai pris qu'une pause de 5mn sur le retour pour aller aux toilettes, aucune pause à l'aller car le temps pressait.
Question : Puis-je exiger le paiement des 1h15 d'heures supplémentaires générées sur la journée, ainsi que la majoration des 3h15 de nuit (2h45 à 6h00) ? Le non-respect des 11h de repos ouvre-t-il droit à des D&I automatiques ? Est-ce que le fait d'avoir accepté la mission de mon plein gré peut être retenu contre moi si mon employeur se défend avec cet argument ? De plus, est-ce qu'ils sont tenus de me payer en heures de nuit, sachant qu'à la base ils ne paient pas les heures supp mais les font rattraper ? (Dans la mesure ou, en plus, cette mission n'était ni sur ma fiche de poste ni sur mes amplitudes horaires)
2. Promesse de salaire non tenue
Les faits : L'annonce Indeed et nos échanges de mails avec la RH prévoyaient 1750 € le 1er mois, puis 1850 € dès le 2e mois (le patron devait rajouter 100 € de prime). Le contrat final est resté au montant de base. Je viens de recevoir la paie du 2e mois : ils sont restés à 1750 € en prétextant à l'oral une "formation incomplète" sur un point du travail. Cependant leur condition de formation complète n'a jamais été mentionnée, ni écrite. Cela ressemble fortement à une décision unilatérale de dernière minute pour les arranger. C'est lorsque j'ai demandé la correction par mail après mon dernier jour de travail, et que ma RH m'a répondu cela, que je vous avoue avoir décidé de ne pas en rester là.
Question : Est-ce que des engagements écrits par mail ont une valeur juridique pour réclamer ce rappel de salaire, même si ce n'est pas dans le contrat ?
3. Argument de l'employeur (Recherches Internet)
À l'oral, la RH me reproche d'avoir fait de courtes recherches perso sur le PC du boulot (quelques secondes, des vidéos YouTube mises de côté). C'est la société informatique de maintenance qui leur a remonté une activité "suspecte", et la RH a fouillé mon historique à distance sans que j'aie jamais été informé d'un tel dispositif de flicage. Mon travail n'a jamais été impacté.
Question : Est-ce que cela constitue une preuve licite pour eux ? Peuvent-ils s'en servir pour bloquer mes demandes financières ou invoquer une faute ?
En autres observations diverses, le comportement de ma manager, qui faisait ouvertement du commérage sur moi auprès des collaborateurs, dont je sentais après le changement de comportement avant moi. Beaucoup de mensonges à mon sujet qui ont été racontés, déformant tout ce que je disais pour obtenir une mauvaise image de moi, certains sont allés jusqu'à dire qu'en ayant eu le code de la porte d'entrée (légitimement par mes collègues sans le demander) je risquais de les cambrioler. Autant de comportements injustes qui m'ont fait me sentir sacrément isolé et mal.
J'ai toujours été courtois, déterminé, aimable, serviable, j'ai fais des tonnes de déplacements professionnels en voiture en 2 mois, y compris faire la navette pour le patron, sans jamais rechigner. Mes clients étaient tous contents de mon travail et ma RH elle même soulignait ma réactivité dans toutes les tâches demandées. Et le jour même du retour de congé de ma manager, je suis viré, pour l'histoire de l'historique internet, et soit disant une lacune au niveau des recherches logements (une des missions du poste, mais où j'ai prouvé que j'obtenais que des refus, et que tout le monde voyais que je me donnais à fond). L'incohérence vient surtout du fait que personne ne se plaignait de mon travail lorsqu'on avait besoin que je fasse de la route de nuit que personne d'autre ne voulait faire, ou faire la navette pour les autres, ou partir sur un autre site dépanner etc. En outre, le fait de m'avoir fait conduire plusieurs fois des véhicules pour les intérimaires ou des voitures de la société sans jamais m'avoir demandé mon permis de conduire. Je l'ai, aucun souci, mais j'ai toujours trouvé ce manquement étrange.
Concernant le licenciement, on m'a demandé de venir en salle de réunion, en 10mn on m'a expliqué qu'on me gardait pas surtout à cause du problème informatique car cela nuisait à leur confiance en moi, le patron ne m'a même pas vu, la RH et ma manager s'en sont occupée. Aucun mot du patron même après l'avoir emmené partout et avoir été un excellent élément, et on m'a même dit qu'il demandait à ce que je ne fasse pas mon préavis et qu'ils me le payaient. On m'a prévenu à 16h30 pour une fin de poste à 17h. 30 minutes pour finir mon travail et faire mes affaires.
Avec tous ces éléments plus ou moins discriminatoire, la rupture de la période d'essai, bien que dispensée normalement de motif, peut-elle être considérée comme abusive ou vexatoire ? (Légèreté blâmable)
Je sais qu'en tant que salarié, on a souvent peur d'aller plus loin dans les démarches, ou simplement l'impression qu'on ne gagnera jamais. C'est pour cela que je requiers votre avis, si c'est quelque chose de légitime ou non.
Merci d'avance pour vos éclairages sur ce que je peux légitimement exiger dans ma lettre de mise en demeure pour le solde de tout compte. Navré pour la longueur du message, et je vous souhaite une excellente soirée !