Madame, Monsieur,
Au regard de ces éléments, un recours contre les décisions préfectorales mérite d'être envisagé.
En premier lieu, concernant le refus de renouvellement de votre titre de séjour étudiant, l'article L.422-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) prévoit les conditions de délivrance de ce titre.
L'administration apprécie notamment le caractère réel et sérieux des études, leur assiduité et la progression universitaire du demandeur.
Toutefois, cette appréciation doit tenir compte de l'ensemble des circonstances particulières de votre situation.
Or, vous indiquez que plusieurs interruptions de votre parcours universitaire étaient directement liées à des hospitalisations et à des difficultés médicales documentées.
Vous précisez également avoir obtenu plusieurs certificats de formation et poursuivre actuellement une formation professionnelle, après une réorientation préconisée par votre psychiatre.
Ces éléments peuvent permettre de soutenir que vos difficultés universitaires ne résultent pas d'un manque de sérieux ou d'assiduité, mais de circonstances médicales indépendantes de votre volonté.
Il faudra cependant démontrer que votre parcours demeure cohérent et que votre formation actuelle correspond effectivement à un projet d'études sérieux.
En deuxième lieu, votre situation médicale mérite une attention particulière.
L'article L.425-9 du CESEDA prévoit la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » pour raisons médicales, lorsque l'état de santé de l'étranger nécessite une prise en charge dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.
Vous bénéficiez notamment de l'allocation aux adultes handicapés (AAH), d'une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), d'un accompagnement SAMSAH et d'une reconnaissance en affection de longue durée (ALD).
Ces éléments témoignent d'une situation médicale qui doit être examinée attentivement.
Il faudra donc notamment établir, à partir d'un dossier médical circonstancié, que l'interruption de votre prise en charge pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que vous ne pourriez pas effectivement accéder aux soins adaptés dans votre pays d'origine.
Cette appréciation intervient notamment après avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII).
Une demande de titre de séjour pour soins pourrait donc être engagée parallèlement au recours contentieux, sans toutefois se substituer à celui-ci.
En troisième lieu, concernant l'interdiction de retour sur le territoire français (IRTF), celle-ci peut également faire l'objet d'une contestation.
Les articles L.612-6, L.612-8 et L.612-10 du CESEDA encadrent notamment les conditions dans lesquelles une telle mesure peut être prononcée.
L'administration doit prendre en considération votre situation personnelle, notamment votre durée de présence en France, vos attaches et les circonstances propres à votre situation.
Votre état de santé, votre handicap et vos besoins d'accompagnement pourraient notamment constituer des arguments importants pour contester la proportionnalité de cette interdiction.
Le fait que vous soyez engagée dans plusieurs activités associatives et professionnelles à La Réunion constitue également un élément favorable à votre dossier.
Toutefois, ces éléments devront être appréciés au regard de votre situation personnelle dans son ensemble et des motifs précis retenus par le préfet.
J'attire votre attention sur l'urgence de votre situation.
Vous indiquez avoir reçu la notification des décisions le 2 novembre 2026.
En principe, lorsqu'une OQTF est notifiée sans placement en rétention administrative ni assignation à résidence, le délai pour saisir le tribunal administratif est d'un mois, conformément aux articles L.614-1 et R.911-1 du CESEDA.
Dans cette hypothèse, votre recours devrait donc être introduit au plus tard le 2 décembre 2026.
Ce délai peut être réduit à sept jours en cas d'assignation à résidence, voire à quarante-huit heures en cas de placement en rétention administrative, selon les conditions de notification.
Il est donc indispensable de vérifier immédiatement les mentions figurant sur votre arrêté préfectoral.
Le recours devra être introduit devant le tribunal administratif territorialement compétent, en principe celui de La Réunion si la décision émane de cette préfecture.
Il permettra de solliciter l'annulation du refus de séjour, de l'OQTF et de l'IRTF, ainsi que, selon les circonstances, le réexamen de votre situation administrative.
Un recours contentieux introduit dans les délais contre l'OQTF est suspensif de son exécution jusqu'à la décision du tribunal administratif.
En revanche, une nouvelle demande de titre de séjour pour raisons médicales ne suspend pas l'exécution de l'OQTF et ne prolonge pas le délai de recours.
Je vous recommande donc de réunir immédiatement l'intégralité de l'arrêté préfectoral, les justificatifs de sa notification, vos décisions MDPH, vos certificats médicaux, les documents relatifs à vos hospitalisations, vos attestations de formation et vos justificatifs d'activités associatives et professionnelles.
Il semble donc exister des arguments suffisamment sérieux pour justifier l'engagement d'un recours, notamment concernant la prise en compte de votre état de santé dans l'appréciation de votre parcours universitaire et la proportionnalité de votre mesure d'éloignement.
La possibilité d'obtenir un titre de séjour pour raisons médicales devra également être étudiée attentivement.
Je vous recommande de ne pas tarder à consulter un avocat, compte tenu des délais particulièrement stricts applicables à cette procédure.
Si vous avez d'autres questions ou que vous souhaitez que j'intervienne dans votre dossier, n'hésitez pas à me contacter. Vous trouverez mes coordonnées en tapant mon nom sur les moteurs de recherche.
Je vous remercie d'indiquer que j'ai répondu à votre question en cliquant sur le bouton vert « Oui, merci ! ».
Dans l'attente, je vous prie de me croire,
Votre bien dévoué
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Bonjour,
1/ Le droit
Au regard de votre situation, un recours contre le refus de séjour, l'OQTF et l'IRTF mérite d'être sérieusement envisagé.
En effet, votre handicap, vos troubles psychiques et vos hospitalisations peuvent expliquer les difficultés rencontrées dans votre parcours universitaire.
Le préfet doit procéder à un examen individualisé de votre situation, en tenant compte notamment de votre état de santé, de votre parcours de formation et de vos attaches en France.
Vos certificats de formation, votre stage en mairie, vos activités bénévoles et votre activité d'enseignement constituent des éléments favorables démontrant vos efforts d'insertion.
Vous pouvez également invoquer l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et l'article L. 423-23 du CESEDA, relatifs au respect de la vie privée et familiale, sous réserve de justifier de liens personnels suffisamment importants en France.
Par ailleurs, l'article L. 425-9 du CESEDA prévoit la délivrance d'un titre de séjour pour raisons médicales lorsque l'état de santé nécessite une prise en charge dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que l'intéressé ne peut pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.
Votre AAH, votre RQTH, votre ALD et votre accompagnement SAMSAH constituent des éléments médicaux et sociaux importants. Ils ne suffisent toutefois pas, à eux seuls, à établir les conditions d'obtention d'un titre de séjour pour soins.
2/ Les solutions
Je vous conseille de contester rapidement les trois décisions : refus de séjour, OQTF et IRTF, en respectant impérativement le délai de recours indiqué dans votre notification du 2 novembre 2026.
Ce délai dépend notamment de la nature de l'OQTF et peut être très court.
Votre recours devra notamment s'appuyer sur :
Des certificats médicaux détaillant les conséquences de votre handicap sur vos études et les risques liés à une interruption des soins.
Les justificatifs de vos hospitalisations et les recommandations de votre psychiatre.
Vos certificats de formation, attestations de stage et justificatifs d'activités professionnelles ou bénévoles.
Les éléments concernant l'accès effectif aux soins dans votre pays d'origine.
Parallèlement, une demande de titre de séjour pour raisons médicales pourra être examinée, selon la procédure applicable et avec l'intervention du collège des médecins de l'OFII.
Votre recours présente des arguments sérieux à faire examiner, mais son succès ne peut être garanti sans étude de l'arrêté préfectoral et de votre dossier médical.
Compte tenu des délais, je vous recommande de consulter sans attendre un avocat en droit des étrangers, éventuellement avec l'aide juridictionnelle.
J'espère avoir répondu à votre question.
Si tel est le cas, je vous remercie de cliquer sur le bouton vert « Question résolue ».
Bien cordialement,
Maître Xavier DAUSSE
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