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Interdiction d'accès à un commerce : contestation et questions sur sa légalité
Sujet (Cloturé) initié par wilfried31il y a 1 mois - 1379 vues
Bonjour,
Je souhaiterais connaître vos avis sur la légalité d'une interdiction d'accès à un commerce dont je fais l'objet.
Le 28 juillet, une employée de rayon d'un supermarché de proximité m'a indiqué qu'il m'était désormais interdit d'entrer dans le magasin. Elle a précisé qu'elle ne faisait que transmettre une décision prise.
Je lui ai demandé les raisons de cette interdiction. Elle m'a répondu qu'elle faisait suite à un incident survenu quelques semaines auparavant, au cours duquel j'aurais, selon ses termes, « balancé » un sac provenant d'un autre commerce sur un agent de sécurité. Elle a également affirmé que l'ensemble des employés avait visionné les images de vidéosurveillance, lesquelles corroboreraient, selon elle, cette version des faits. Enfin, elle a ajouté que je serais désagréable avec le personnel et que je claquerais mes courses sur le tapis de caisse.
Je conteste cette présentation des faits. Le jour de l'incident, je me suis présenté avec un sac provenant d'un autre magasin et j'ai demandé à l'agent de sécurité si je pouvais entrer. Celui-ci m'a répondu : « T'as qu'à le déposer là. » J'ai donc déposé le sac à l'endroit indiqué, effectué mes achats puis quitté le magasin. À aucun moment il ne m'a été fait le moindre reproche.
Par ailleurs, après cet incident, j'ai continué à fréquenter ce magasin pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sans qu'aucune remarque ne me soit adressée. Mes relevés bancaires attestent que j'y ai effectué des achats jusqu'à la veille de l'interdiction.
Je suis également surpris qu'une employée affirme que les salariés de rayon et de caisse auraient visionné les images de vidéosurveillance.
Lorsque l'employée m'a annoncé cette interdiction, elle a appelé une agente de sécurité afin de me faire sortir, alors même qu'elle m'avait laissé entrer sans m'interpeller. Cette agente ne semblait pas informée de cette décision et n'était pas celle présente lors de l'incident évoqué.
L'agente m'a demandé de quitter les lieux, ce que j'ai fait immédiatement. Elle a toutefois ajouté qu'elle me demandait « doublement » de partir, en indiquant me tenir rancune à la suite d'un précédent échange remontant à quelques mois. À cette occasion, je m'étais présenté vers 19 h 50 alors que le magasin fermait à 20 h. Elle m'avait refusé l'entrée en affirmant que le magasin était fermé, malgré la présence de clients à l'intérieur et alors que d'autres venaient d'entrer quelques secondes avant moi. Lorsque je lui ai fait remarquer ces éléments, elle m'a répondu : « Mon cul, ouais ! Maintenant, tu dégages. » J'avais envisagé de signaler cet incident à la direction mais j'y ai finalement renoncé, pensant qu'il s'agissait d'un fait isolé.
Je précise également qu'au mois de mars, la même employée de rayon m'avait déjà reproché d'avoir changé de caisse automatique après deux pannes successives. Je n'avais pas cherché le conflit et j'étais parti.
Cette interdiction me paraît donc difficile à comprendre. Les faits invoqués remontent à plusieurs semaines, aucun reproche ne m'avait été formulé au moment où ils se seraient produits, et j'ai continué à fréquenter le magasin sans difficulté jusqu'au 28 juillet.
Enfin, je précise que je n'ai jamais fait l'objet d'une condamnation judiciaire ni d'une procédure en lien avec ce magasin. Je ne me suis jamais présenté dans cet établissement en état d'ébriété. Je suis par ailleurs reconnu en situation de handicap par la MDPH au titre d'un handicap non visible.
Mes questions sont les suivantes :
Un commerçant peut-il interdire l'accès à un client dans ces circonstances ? Doit-il motiver sa décision ou est-il libre de refuser l'accès sans explication ? Le fait de laisser un client continuer à fréquenter le magasin pendant plusieurs semaines après les faits reprochés peut-il avoir une incidence sur la légalité ou la justification de cette interdiction ? Enfin, le fait que des employés de rayon ou de caisse aient, selon leurs propres déclarations, visionné les images de vidéosurveillance soulève-t-il une difficulté juridique ? Merci d'avance pour vos avis.
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En principe, un commerçant est libre de refuser l'accès à son établissement ou d'en exclure un client, à condition que cette décision ne soit pas fondée sur un motif discriminatoire prohibé par la loi (origine, état de santé, handicap, sexe, religion, etc.) et qu'elle ne constitue pas un abus de droit.
Il n'existe pas d'obligation générale de motiver une telle décision. En revanche, si l'interdiction repose sur des faits matériellement inexacts ou sur un motif discriminatoire, elle peut être contestée.
Le fait que vous ayez continué à fréquenter le magasin pendant plusieurs semaines après les faits qui vous sont reprochés, sans qu'aucune remarque ne vous soit adressée, peut effectivement interroger quant à la cohérence des motifs invoqués. Pour autant, cela ne rend pas automatiquement l'interdiction illégale : le commerçant conserve, en principe, la faculté de décider avec qui il souhaite contracter, sous réserve des limites rappelées ci-dessus.
S'agissant des images de vidéosurveillance, leur consultation n'est pas libre. Les personnes habilitées à visionner les enregistrements sont en principe celles dont les fonctions le justifient (direction, responsable sécurité, etc.). Si des employés de rayon ou de caisse ont effectivement eu accès aux images sans y être autorisés, cela pourrait soulever une difficulté au regard de la réglementation applicable en matière de protection des données personnelles. En revanche, le simple fait qu'une employée affirme avoir vu les images ne permet pas, à lui seul, de conclure à une irrégularité.
Au vu des éléments que vous exposez, il est difficile de se prononcer de manière certaine sans connaître la version du commerçant et, le cas échéant, les images de vidéosurveillance ou d'autres éléments objectifs. Si cette interdiction vous cause un préjudice ou si vous estimez qu'elle est fondée sur un motif illicite, une analyse plus approfondie de votre situation pourrait être utile afin d'apprécier les recours envisageables.
Si vous souhaitez être accompagné dans cette démarche (analyse de votre dossier, rédaction d'un courrier ou étude des recours possibles), vous pouvez faire appel à un avocat.
Si cette réponse vous a été utile, je vous invite à cliquer sur le bouton vert afin d'indiquer qu'une réponse a été apportée à votre question.
Avec mes salutations dévouées,
Maître Gonzalez
#Meilleure réponseil y a 1 mois
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