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Sujet initié par Idomaril y a 14 heures - 364 vues
Bonjour,
Je suis locataire d'un logement en Seine-et-Marne (77) depuis décembre 2020, loué à l'origine par l'intermédiaire d'une agence. En janvier 2025, le logement a été vendu à une société de location de logements, alors que j'étais déjà locataire en place. Le bail s'est poursuivi avec ce nouveau propriétaire.
Le logement se situe dans une copropriété d'une vingtaine d'appartements. Le chauffage et l'eau chaude y fonctionnent mal depuis un certain temps. J'ai signalé le problème au propriétaire et lui ai demandé de le faire réparer.
En mars 2026, le propriétaire m'a adressé un courrier recommandé m'informant que mon bail ne serait pas renouvelé à son échéance, le 3 décembre 2026, en invoquant les problèmes de chauffage et d'eau chaude et la loi Climat n° 2021-1104 du 22 août 2021. Il ne mentionne ni reprise pour habiter, ni vente, ni autre motif.
Début novembre 2026, j'ai contesté ce congé par courrier, le motif invoqué ne correspondant pas, selon moi, à l'un des motifs légaux prévus par la loi du 6 juillet 1989. Le propriétaire m'a répondu que ma contestation était « irrecevable », que le bail ne serait pas reconduit, que je devrais quitter les lieux, faute de quoi je serais en situation d'occupation illégale, avec poursuites et frais à ma charge. Il me propose également un pré-état des lieux de sortie le 16 novembre 2026.
Je précise que je paie mon loyer et mes charges à temps, que je suis bénéficiaire du DALO (reconnu prioritaire) et que j'attends une proposition de logement social, que je n'ai pas encore reçue. Mes questions :
Ce congé est-il valable au regard de la loi du 6 juillet 1989, alors qu'il n'indique aucun des trois motifs légaux ?
Le bail est-il reconduit de plein droit si le congé est nul, et pour quelle durée, le bailleur étant une société ?
Puis-je être considéré comme occupant sans droit ni titre au 3 décembre 2026 ?
Quels sont mes risques en cas de procédure, notamment au regard de la trêve hivernale et de ma situation de bénéficiaire DALO ?
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Au vu des éléments que vous exposez, le congé délivré par votre propriétaire paraît sérieusement contestable. En effet, le bailleur ne peut pas mettre fin au bail à son échéance pour n'importe quel motif.
L'article 15 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que le congé délivré par le bailleur doit être justifié par l'un des trois motifs suivants : la reprise du logement pour y habiter (ou le faire habiter par un proche autorisé par la loi), la vente du logement ou un motif légitime et sérieux. Le motif invoqué doit être indiqué dans le congé, à peine de nullité.
Or, les difficultés de chauffage et d'eau chaude que vous décrivez ne constituent pas, en elles-mêmes, un quatrième motif légal de congé. La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a notamment renforcé les exigences relatives à la décence énergétique des logements. Elle impose au bailleur des obligations concernant la performance énergétique et l'entretien du logement, mais ne lui permet pas, par principe, de mettre fin au bail en invoquant simplement ces dispositions.
Il faut donc examiner précisément le courrier recommandé de mars 2026. Si le propriétaire s'est contenté d'invoquer les problèmes de chauffage et d'eau chaude ainsi que la loi Climat, sans caractériser un motif légitime et sérieux au sens de l'article 15, vous disposez d'arguments sérieux pour contester la validité du congé. Le fait que vous soyez à jour de vos loyers et charges est également un élément utile, même si le motif légitime et sérieux ne se limite pas aux seuls manquements du locataire.
Concernant la durée du bail, l'article 10 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit une durée minimale de six ans lorsque le bailleur est une personne morale, comme une société. Si le congé est nul et que le bail n'a pas été valablement dénoncé, il est en principe reconduit tacitement. Il faudra néanmoins vérifier le bail initial, ses éventuels renouvellements et la date à laquelle la société est devenue propriétaire, car la vente du logement occupé ne met pas fin au contrat en cours.
En tout état de cause, si la société est bien le bailleur personne morale au moment de la reconduction, la durée de la reconduction tacite est en principe de six ans.
Vous ne devenez donc pas automatiquement occupant sans droit ni titre le 3 décembre 2026 du seul fait que le bailleur vous demande de quitter les lieux. Si le congé est nul, le bail se poursuit. Le propriétaire ne peut pas vous expulser de sa propre initiative : une expulsion suppose une décision de justice et le respect de la procédure légale.
S'agissant de la trêve hivernale, elle court du 1er novembre au 31 mars. Elle interdit en principe l'exécution d'une expulsion pendant cette période, mais elle n'empêche pas le propriétaire d'engager une procédure judiciaire. Elle ne remplace donc pas une contestation du congé.
Votre reconnaissance DALO est également importante. Elle ne rend pas automatiquement le congé nul et ne suspend pas, à elle seule, une éventuelle procédure d'expulsion. En revanche, si vous avez été reconnu prioritaire et urgent et qu'aucune proposition de logement adaptée ne vous a été faite, cette situation doit être signalée dans toute démarche relative à votre relogement et, le cas échéant, devant le juge.
Je vous recommande de prendre les précautions suivantes :
- Ne signez aucun document laissant entendre que vous acceptez de quitter le logement ou que vous reconnaissez la fin du bail. - Vous n'êtes pas tenu d'accepter le pré-état des lieux proposé le 16 novembre. Vous pouvez le refuser ou demander qu'il soit organisé sans que cela puisse être interprété comme une acceptation du congé. - Continuez à régler normalement vos loyers et charges. - Conservez le congé initial, votre courrier de contestation, la réponse du bailleur, les justificatifs de paiement et les échanges relatifs aux problèmes de chauffage et d'eau chaude. - Contactez rapidement l'ADIL de Seine-et-Marne et envisagez une contestation judiciaire du congé devant le juge des contentieux de la protection, afin de faire constater sa nullité et la poursuite du bail.
Le point essentiel est de ne pas vous contenter de votre échange de courriers avec le propriétaire. Compte tenu de l'échéance annoncée au 3 décembre 2026, il est préférable de faire examiner le congé sans attendre, notamment pour anticiper une éventuelle procédure engagée par la société.
Je peux vous accompagner dans l'analyse du congé et du bail afin de vérifier sa validité, déterminer la durée de reconduction applicable et préparer une contestation adaptée à votre situation. Vous pouvez prendre rdv sur mon espace Alexia si vous le souhaitez.
Avec mes salutations dévouées,
Maître Gonzalez
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#Meilleure réponseil y a 6 heures
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