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Cependant, après relecture du jugement, il apparaît que le tribunal ne s'est pas limité à une appréciation téléologique ou factuelle des ressources : il a créé une condition juridique nouvelle, en contradiction avec les textes applicables.
Voici les termes exacts du jugement (point 11) :
> « ... à condition de justifier de ressources stables, régulières et suffisantes, appréciées sur la période des trois années précédant sa demande, au moins égales au salaire minimum de croissance. »
Cette phrase ne décrit pas une simple analyse de stabilité :
elle pose une règle générale, comme si la loi imposait trois années de SMIC, ce qui n'existe dans aucun texte.
Or :
- l'article 12 de la convention impose une durée de résidence, pas une durée de ressources ;
- l'article L. 426‑17 CESEDA impose un niveau de ressources, pas une période d'appréciation ;
- aucun décret ne fixe une durée (l'ancien R. 314‑1‑1 CESEDA a été abrogé en 2020).
Le tribunal a donc ajouté une condition qui ne figure dans aucun texte, ce qui constitue bien une erreur de droit.
Par ailleurs, le jugement ignore des éléments essentiels du dossier :
- un salaire moyen de 1 566 € nets sur 12 mois consécutifs, supérieur au SMIC net ;
- une épargne de 9 500 €, issue de mon activité salariée ;
- des relevés bancaires, pourtant admis comme justificatifs par le CESEDA ;
- et surtout, le tribunal reconnaît lui-même un « défaut de récépissé », qui a directement causé l'interruption de mon activité professionnelle.
Dans ces conditions, il ne s'agit pas d'une interprétation téléologique, mais bien :
- d'une création de condition illégale,
- d'une erreur de droit,
- et d'une motivation insuffisante,
au regard des textes applicables.