Demande de conseil – situation professionnelle et évolution de ma situation
Je me permets de vous contacter afin de vous exposer ma situation professionnelle et de solliciter votre avis sur mes droits et les précautions à prendre, notamment au regard de plusieurs échanges récents avec ma hiérarchie.
Je suis entrée dans mon entreprise en octobre 2024 en tant que consultante en recrutement. J'étais alors rattachée à l'agence de Massy, où mon intégration s'est très bien passée. J'ai réalisé de bons résultats dès mon arrivée et je disposais d'un cadre de travail structuré.
En février 2025, j'ai subi un incendie qui a entraîné la perte de mon logement. Cet événement a eu un impact important sur ma situation personnelle et morale.
En mars 2025, l'agence de Massy a fermé. Il m'a alors été proposé de travailler principalement en télétravail et de me rendre à l'agence de Paris 13. Cependant, je ne disposais pas d'un bureau attitré dans cette agence. Je m'y rendais donc peu fréquemment, notamment parce que je ne bénéficiais pas réellement d'un espace de travail adapté.
Parallèlement, mes résultats ont commencé à m'être reprochés.
Début 2026, lors de mon entretien annuel, mon directeur régional m'a proposé un poste de responsable adjointe dans le cadre d'un projet d'ouverture d'une nouvelle agence d'intérim. J'ai accepté cette proposition avec motivation, car je voyais cela comme une nouvelle opportunité professionnelle et comme la possibilité de retrouver une véritable structure de travail.
Dans le cadre de ce projet, mon directeur régional m'a également demandé de faire des recherches de locaux afin de contribuer à la préparation de l'ouverture de cette agence.
J'ai donc commencé à m'investir dans ce projet, mais celui-ci a finalement été abandonné et il m'a été annoncé que l'agence ne serait pas ouverte.
Par la suite, mes résultats et le fait que je ne me rende pas suffisamment à l'agence de Paris 13 ont de nouveau été évoqués. J'ai expliqué que mes conditions de travail devaient également être prises en compte puisque je ne disposais pas, à cette période, d'un bureau attitré.
En juin 2026, un bureau m'a finalement été attribué.
À la fin du mois de juillet 2026, j'ai eu un nouvel échange avec mon manager concernant mes résultats. Lors de cet échange, nous avons parlé d'un objectif de 15 000 € de chiffre d'affaires sur les trois prochains mois.
De mon côté, j'ai compris que cette période de trois mois correspondait à août, septembre et octobre, et que j'avais donc jusqu'à la fin du mois d'octobre pour atteindre cet objectif.
Lors de ce même échange, mon manager m'a également indiqué que si la situation concernant mes résultats continuait, il faudrait envisager une rupture conventionnelle. Il m'a également expliqué que, si celle-ci n'aboutissait pas, plusieurs avertissements pourraient être prononcés et qu'une procédure pouvant aller jusqu'au licenciement pourrait ensuite être engagée.
Cette discussion m'a mise sous pression et cette situation me pèse aujourd'hui énormément moralement.
J'ai ensuite travaillé avec l'objectif d'atteindre les 15 000 € de chiffre d'affaires sur les trois mois convenus.
En septembre, j'ai réalisé environ 12 000 € de chiffre d'affaires sur les 15 000 € attendus. Le contexte actuel du secteur du recrutement est également particulièrement compliqué, ce qui rend l'atteinte des objectifs commerciaux plus difficile.
Cependant, mon manager m'a ensuite indiqué qu'il avait, de son côté, compris que l'objectif devait être atteint dès septembre.
Lorsque je lui ai rappelé que nous avions parlé d'un objectif sur les trois prochains mois, il m'a demandé de regarder le mail récapitulatif qu'il m'avait envoyé à la suite de notre échange.
Dans ce mail, il est indiqué que l'objectif était attendu pour le troisième trimestre.
Il existe donc une divergence entre ma compréhension de notre échange oral de fin juillet — à savoir un objectif de 15 000 € sur les trois mois suivants, jusqu'à fin octobre — et la compréhension de mon manager, qui considère que l'objectif devait être atteint dès septembre et s'appuie notamment sur la mention du « troisième trimestre » dans son mail.
Par ailleurs, j'ai récemment découvert par LinkedIn qu'une nouvelle cellule de consultants en recrutement avait été créée au sein de l'entreprise, avec un directeur et trois consultants.
Cette information m'a interpellée car je suis moi-même consultante en recrutement et je suis, seule sur ma région sur ce type de poste.
Je n'avais pas été informée de la création de cette nouvelle cellule.
J'en ai parlé à mon manager, qui m'a répondu qu'il pensait m'en avoir parlé. Je lui ai indiqué que ce n'était absolument pas le cas.
Il m'a ensuite expliqué plus précisément le fonctionnement de cette nouvelle cellule.
Je lui ai demandé pourquoi je n'avais pas été amenée à rencontrer cette nouvelle équipe, puisque je suis également consultante en recrutement et que je travaille de manière relativement isolée sur ma région.
Il m'a répondu, en substance : « Pourquoi faire ? À quoi cela servirait ? »
Je lui ai alors expliqué que j'aurais apprécié d'être informée de cette évolution et que cela aurait également pu être une possibilité pour moi de retrouver une dynamique d'équipe et d'échanger avec d'autres consultants exerçant le même métier.
Aujourd'hui, je ressens un changement dans le comportement de ma hiérarchie et une pression croissante concernant mes résultats.
Je suis également préoccupée par l'enchaînement des événements : fermeture de mon agence initiale, passage en télétravail sans bureau attitré, abandon du projet d'ouverture d'une agence qui m'avait été proposé lors de mon entretien annuel, reproches concernant mes résultats, discussion autour d'une rupture conventionnelle et d'éventuels avertissements pouvant aller jusqu'au licenciement, divergence concernant l'échéance de l'objectif de 15 000 €, puis découverte de cette nouvelle cellule de recrutement dont je n'avais pas été informée.
J'ai par ailleurs récemment reçu un avis concernant un courrier recommandé, sans savoir pour le moment qui en est l'expéditeur ni ce qu'il contient. Je ne sais donc pas s'il existe un lien avec ma situation professionnelle.
Un nouveau rendez-vous avec mon responsable doit également avoir lieu prochainement.
Compte tenu de l'impact que cette situation a aujourd'hui sur mon moral, je souhaiterais surtout savoir, dans l'hypothèse où mon employeur déciderait de me licencier, si les différents éléments de mon dossier pourraient permettre de contester ce licenciement devant le conseil de prud'hommes.
Je souhaiterais également avoir votre avis sur :
* la portée du mail indiquant que l'objectif était attendu au troisième trimestre, au regard de notre échange oral portant selon ma compréhension sur les trois mois suivants ;
* le fait qu'en septembre j'ai réalisé environ 12 000 € sur les 15 000 € fixés comme objectif, dans un contexte de marché du recrutement actuellement difficile ;
* le fait que mon manager m'ait proposé, lors de mon entretien annuel, un poste de responsable adjointe dans le cadre d'une ouverture d'agence et m'ait demandé de rechercher des locaux avant que ce projet soit finalement abandonné ;
* les conditions dans lesquelles mes résultats ont été évalués après la fermeture de mon agence et pendant la période où je ne disposais pas de bureau ;
* les discussions concernant une rupture conventionnelle, les avertissements et un éventuel licenciement ;
* le contexte dans lequel une nouvelle cellule de consultants en recrutement a été créée, sans que j'en sois informée, ainsi que le fait que ma demande de rencontrer cette nouvelle équipe ait reçu une réponse mettant en question l'intérêt d'une telle rencontre ;
* et les précautions que je dois prendre lors de mon prochain rendez-vous avec mon responsable.
Je souhaite également savoir quels éléments et documents vous seraient utiles afin d'évaluer la situation et, le cas échéant, de préparer une éventuelle contestation.
Je vous remercie par avance pour votre retour.
Bien cordialement,
Mme Yousra.C